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À vos verres...

Si ces hommes qui prétendaient changer le plomb en or s’octroyaient le titre d’alchimiste, il ne devrait y avoir aucun problème à appeler mixologiste celui qui parvient effectivement à obtenir de l’or liquide à partir d’une combinaison d’éléments aqueux. Un toast donc pour ces braves gens qui parviennent toujours à vous épater, même avec des liqueurs qui ne vous parlent pas a priori. L’espace qui s’ouvre aujourd’hui n’est pas, disons le tout de suite, celui d’un de ces alchimistes du shaker. Il ne s’agit que du modeste blog d’un passionné qui cherche à rendre hommage aux talents d’autres et, pourquoi pas, à comprendre mieux cet art présenté à tous pour la première fois en 1862 par Jerry Thomas.

Si j’ai retiré une leçon de nombreuses années d’écriture sur la toile, c’est que vous pouvez être certain que les projets d’un blogueur ne se réaliseront pas à partir du moment où il rend public ses promesses intimes, intentions affichées et programmes d’écriture. Sur ce point, mieux vaut donc se taire afin de ne pas décevoir. Je prends quand même le risque : la semaine prochaine, quel bitter utiliser dans un Manhattan ; d’ici peu, la recherche du gin idéal pour mon Dry Martini ; quelques notes sur quelques livres et, si dieu nous prête vie, des histoires de bar. En pur littéraire amateur de bibine, je regarde vers les volumes papiers autant qu’en direction des bouteilles ; j’aimerais pouvoir prendre comme modèle le grand Charles H. Baker Jr. : ses recettes n’étaient peut-être pas les meilleures, les plus fines, les plus judicieusement dosées mais c’était un sacré écrivain et il n’était pas question de s’ennuyer en le lisant. Bien sûr, il me sera impossible de vous parler de la boisson préparée par un  manservant au temps du Raj ou d’un petit bar magique perdu à Manille. On fait ce qu’on peut.

Le nom de ce blog est celui d’un superbe livre de recettes publié par Ted Saucier en 1951. Le patronyme du bon Ted ne saurait être plus approprié : c’est de ce même volume qu’est tiré l’illustration de ce post (Bachelor Girl, de Bradshaw Crandell) et celle de la bannière (Bottoms Up d’Al Dorne). Bariana (voir la barre d’adresse) est le titre du premier livre de cocktails écrit en français ; l’auteur s’appelait Louis Fouquet, barman du Critérion à Paris vers 1896 (date de publication). Enfin, l’une de nos deux devises (« God save the cuite ! ») est tirée de Cocktails de Paris, œuvre très gouailleuse d’un certain RIP (1929).

Je suis bavard, l’alcool n’aide pas. Je vous laisse.

François Monti est journaliste spécialisé en cocktails et spiritueux. Il collabore régulièrement à Ginger Magazine et à Havana Cocteles, ainsi qu'à de nombreuses publications. Après la pamphlet 'Prohibitions' en 2014, il publie au printemps 2015 '101 Cocktails'. En Espagne, il est l'auteur de 'El Gran Libro del Vermut'. Il est aussi traducteur. Son blog, Bottoms Up, est un site de référence. Il est aussi membre fondateur de la revue littéraire Fric Frac Club et a traduit plusieurs livres.

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François Monti es un periodista y escritor belga afincado en Madrid. Colabora en la revista francesa Ginger y en la web Havana Cocteles. Su primer libro en castellano es 'El Gran Libro del Vermut' Ha publicado en Francia 'Prohibitons' y '101 Cocktails'. Lleva el blog Bottoms Up en dos idiomas y escribe para Coctelería Creativa. Es también traductor.