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Votre dernier barbecue sera liquide: le Restraining Order

En ce week-end de dernier barbecue de l’année (ici, il commence à fraîchir) ou de premier (et dernier) barbec’ de l’an (plus au nord, il fait seulement beau maintenant, allez comprendre), pourquoi pas, plutôt que (ou avant) de sortir les bières, un cocktail facile à faire qui convient parfaitement à l’occasion ? Et pour ceux qui sont tellement frappés par la crise qu’ils ne peuvent pas se permettre les saucisses et la salade de pomme de terre, si, comme moi, à l’époque où vous pensiez que la carte de crédit était le premier pas sur le chemin de la richesse, vous avez acheté une bonne bouteille de téquila et qu’il vous en reste un fond, il vous suffira de demander à votre voisin italien (on a tous un voisin italien) quelques gouttes d’Aperol (ils ont tous de l’Aperol sous l’évier) et d’acheter une orange. C’est moins cher que de la tripaille et vous aurez l’impression de boire votre BBQ. Si, señor. Parce que vraiment, quand vous mettez votre nez dedans et puis humidifiez votre très sèche bouche avec ce que contient votre verre, c’est une vrai goût fumé de barbecue qui vient vous dire bonjour.

Sauf qu’en fait, pour en arriver à ce résultat, faut que votre téquila ait déjà un petit goût fumé. Et puis il vous faut du bitter de céleri. Ce qui veut dire que si c’est un cocktail qui me rappelle un barbecue, ce n’est pas un substitut pour barbecue. Et puis vu la spécificité de certains ingrédients, il faut vraiment avoir cru (c’est mon cas) que votre carte de crédit était liée au compte d’un sheik. Et pas au vôtre. Mais tirons le rideau sur ce triste épisode…

Plus sérieusement, le Restraining Order (c’est son petit nom) nous vient d’un bouge de Philadelphie (le Franklin Mortgage & Investment Co., pur nom qui flaire bon les cartes de crédit, les pyramides ponzi et les subprimes, mais je m’égare). N’étant jamais allé à Philadelphie, je suis tombé sur ce cocktail dans l’excellent bouquin de Jason Wilson dont je vous parlais il y a deux jours.

  • 2 doses de Téquila reposado
  • 1 doses d’Aperol
  • 3 ou 4 dashes de bitters de céleri

Au verre à mélange rempli de glaçons. Tournez avec votre cuillère une trentaine de secondes. Versez sur de nouveaux glaçons dans un verre type old-fashioned. Zest d’orange pour finir. Emborrachez-vous, qu’ils disaient.

Campari, Aperol et tutti quanti ne sont pas les partenaires naturels de la téquila, mais en cherchant un peu, il y a moyen de trouver des recettes spectaculaires. Celle-ci en est une. On a donc, avec un peu de chance, une petite touche fumée, un mélange d’agave et d’amertume étonnamment frais rehaussé curieusement mais splendidement par les bitters de céleri. Un vrai bonheur, ces bitters. Je les aime beaucoup mais ne sait jamais comment les utiliser, je suis donc très heureux d’être tombé sur cette recette. Dernière recommandation (je copie en cela Jason Wilson) : ne pas oublier votre zest d’orange.

François Monti est journaliste spécialisé en cocktails et spiritueux. Il collabore régulièrement à Ginger Magazine et à Havana Cocteles, ainsi qu'à de nombreuses publications. Après la pamphlet 'Prohibitions' en 2014, il publie au printemps 2015 '101 Cocktails'. En Espagne, il est l'auteur de 'El Gran Libro del Vermut'. Il est aussi traducteur. Son blog, Bottoms Up, est un site de référence. Il est aussi membre fondateur de la revue littéraire Fric Frac Club et a traduit plusieurs livres.

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François Monti es un periodista y escritor belga afincado en Madrid. Colabora en la revista francesa Ginger y en la web Havana Cocteles. Su primer libro en castellano es 'El Gran Libro del Vermut' Ha publicado en Francia 'Prohibitons' y '101 Cocktails'. Lleva el blog Bottoms Up en dos idiomas y escribe para Coctelería Creativa. Es también traductor.