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Martini pour Bénédictin: Ford et le rêve d'un poète capricieux?

Dans la série Martini qui n'en est pas tout à fait ou Martini pour ceux qui ne boivent pas de Martini ou tout simplement twist de Martini, il est temps de vous proposer l'équation suivante: si gin + vermouth sec + bitters d'orange = plus que OK, alors gin + vermouth sec + bitters d'orange + Bénédictine = ?

Vous avez trente minutes pour me donner vos réponses, on ne triche pas, j'ouvre l’œil et le bon.

Pas besoin, bien entendu, de vous présenter la Bénédictine, liqueur digestive française élaborée, dit-on, selon une recette de 1510 dont on ne trouve trace avant 1863 et qui n'aurait en fait pas grand chose à voir avec les moines bénédictins. Son immense popularité dès sa commercialisation lui vaut d'être un ingrédient capital de bon nombre de classiques. L'un d'eux est le Ford Cocktail. La première mention imprimée du Ford Cocktail date de 1895, il n'a donc rien à voir, selon Ted Haigh, avec le fameux Henry du même nom. De par le monde anglo-saxon, Ford n'est pas précisément un nom étrange, difficile donc de deviner à qui le cocktail doit son patronyme. Quoi qu'il en soit, nous avons ici un Martini classique 50/50 préparé avec du Old Tom et, en plus des bitters, quelques traits de Bénédictine.

* 3 cl de gin Old Tom * 3 cl de vermouth sec * 3 traits de Bénédictine * 3 traits de bitters d'orange Au verre à mélange, évidemment, et sur glace, bien entendu. Verser dans une coupe à cocktail. Garnir d'un twist d'orange

On prendra ça comme un Martini à l'ancienne où le vermouth joue un rôle capital (il est donc indispensable de se servir d'une bouteille fraîche). C'est complexe, ça a une certaine amertume qui n'est pas excessive. Pour les bitters d'orange, si vous avez le choix entre plusieurs marques, j'opte pour ma part pour les Regan's si j'ai envie de jouer sur ses très présentes notes de girofle (ingrédient, par ailleurs, de la Bénédictine) ou pour les Angostura si je veux que l'orange "éclaircisse" quelque peu ce cocktail d'herbes et d'épices, pour ainsi dire.

Ted Haigh nous informe aussi qu'avec les mêmes ingrédients, l'on peut préparer un Caprice. Cette fois-ci, il y a trois parts de gin pour une de vermouth sec et une part de Bénédictine. Terminer avec un seul trait de bitters d'orange. Très bon également.

Le Caprice nous mène à un autre de mes petits préférés, bien qu'il nous éloigne du Martini. Il s'agit d'un cocktail au nom évocateur dégotté dans le Old Waldorf Astoria Bar Book: le Poet's dream.

* 3 cl de gin * 3 cl de vermouth sec * 3 cl de Bénédictine A préparer comme les deux autres, garnir d'un twist de citron

Là, évidemment, on se passe de bitters et la Bénédictine est promue au rang d'égal du gin et du vermouth. Je dois dire que la saveur est assez curieuse mais que celui qui aime la Bénédictine ne sera pas déçu.

François Monti est journaliste spécialisé en cocktails et spiritueux. Il collabore régulièrement à Ginger Magazine et à Havana Cocteles, ainsi qu'à de nombreuses publications. Après la pamphlet 'Prohibitions' en 2014, il publie au printemps 2015 '101 Cocktails'. En Espagne, il est l'auteur de 'El Gran Libro del Vermut'. Il est aussi traducteur. Son blog, Bottoms Up, est un site de référence. Il est aussi membre fondateur de la revue littéraire Fric Frac Club et a traduit plusieurs livres.

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François Monti es un periodista y escritor belga afincado en Madrid. Colabora en la revista francesa Ginger y en la web Havana Cocteles. Su primer libro en castellano es 'El Gran Libro del Vermut' Ha publicado en Francia 'Prohibitons' y '101 Cocktails'. Lleva el blog Bottoms Up en dos idiomas y escribe para Coctelería Creativa. Es también traductor.