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MxMo Tiki: Molokai Mule

On arrive tout doucement à la fin de février, pire mois de l’année. Pour nous faire oublier, tout oublier, Doug Winship a décidé de consacrer son Pegu Blog à la culture tiki le mois durant. Histoire de nous donner l’espoir de trouver le tropical et l’exotique au coin de la rue. Puisqu’il sait que nous avons tous besoin de soleil et de rhum, il s’est même emparé des rennes du Mixology Monday d’aujourd’hui. Pour ceux qui ne suivent pas, le MxMo est une sorte de festival du cocktail online : une fois par mois (en principe), un thème est annoncé et qui veut poste sur son blog sa modeste contribution à l’aventure à la date dite. Ce mois-ci, donc, le mot-clé est Tiki. Et comme je ne suis qu’humain, trop humain, l’idée que réchauffer l’intérieur finira par réchauffer le monde extérieur m’a séduit. Je vous propose donc le Molokai Mule.

Molokai est une des 137 îles qui forment l’archipel d’Hawaï mais, selon Beachbum Berry, cette recette provient de l’île d’Oahu et, plus précisément, du restaurant Kon-Tiki au Sheraton de Waikiki. C’est un cocktail créé dans les années ’60, à la fin de la gloire Tiki. Le Molokai Mule m’a attiré parce qu’il m’a fait penser à un mauvais Mai Tai. Vous allez me dire que ce n’est pas un bon départ. Certes. Mais le fait que la balance penchait tout de même plus du côté tiki alcoolisé que du côté tiki étouffé dans le jus ou le sucre n’était par contre pas un mauvais signe. Par ailleurs, la présence de cognac en plus des deux rhums laissait entrevoir certaines possibilités…

  • 6 cl de jus d’orange
  • 3 cl de jus de citron vert
  • 3 cl de sirop d’orgeat
  • 3 cl de Cognac
  • 3 cl de rhum cubain
  • 3 cl de rhum Demerara

Au shaker sur glace, on agite fort et puis on verse le contenu du shaker (dont les glaçons) dans un grand verre à old-fashioned ou dans un mug à Molokai Mule. On garnit avec un brin de menthe, un bout d’ananas et une fleur d’orchidée (comme vous le voyez, je n’avais que de la menthe).

Alors, oui, ça ressemble quand même sacrément au cliché du cocktail tropical. 12 cl de jus et de sirop, fleurs et ananas dans la déco, le tout servi au départ sur la plage de Waikiki. Mais il s’agit en fait d’un cocktail équilibré qui, comme tous les bons cocktails tiki, fait semblant de ne pas être fort. Or, l’air de pas y toucher, ce sont quand même 9 cl d’alcool qui vont faire irruption dans des vaisseaux sanguins qui n’en demandaient pas temps. Ici, le Demerara est capital. Contre autant de jus, il faut impérativement un rhum qui affirme : « c’est moi le patron ». J’ai utilisé le Lemon Hart 80° qui fonctionne merveilleusement mais pick your poison : personne ne vous reprochera de sortir une bonne bouteille d’El Dorado, par exemple. Ajouter un peu de rhum agricole, éventuellement à la place du cubain, peut aussi donner de bons résultats. Pour le cognac, je recommande aussi de choisir quelque chose de fort. Selon mon expérience, un cognac plus discret ou subtil est noyé dans le mélange. Quelles que soient les bouteilles choisies, je décline toute responsabilité quant à vos actes après consommation de deux Molokai Mule.

François Monti est journaliste spécialisé en cocktails et spiritueux. Il collabore régulièrement à Ginger Magazine et à Havana Cocteles, ainsi qu'à de nombreuses publications. Après la pamphlet 'Prohibitions' en 2014, il publie au printemps 2015 '101 Cocktails'. En Espagne, il est l'auteur de 'El Gran Libro del Vermut'. Il est aussi traducteur. Son blog, Bottoms Up, est un site de référence. Il est aussi membre fondateur de la revue littéraire Fric Frac Club et a traduit plusieurs livres.

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François Monti es un periodista y escritor belga afincado en Madrid. Colabora en la revista francesa Ginger y en la web Havana Cocteles. Su primer libro en castellano es 'El Gran Libro del Vermut' Ha publicado en Francia 'Prohibitons' y '101 Cocktails'. Lleva el blog Bottoms Up en dos idiomas y escribe para Coctelería Creativa. Es también traductor.