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Tea Time: Panacea

Il suffit de regarder par la fenêtre pour voir que le printemps est (presque) là. Sans s’en plaindre, on regrettera quand même la brièveté de cet hiver qui ne nous aura pas laissé le temps de présenter assez de cocktails hivernaux. Qui a encore envie d’un flip ? Ou d’un toddy ? Mais à tout problème sa solution : s’il y a bien des thés glacés, pourquoi pas des toddies froids ? C’est (peut-être) ce raisonnement qui amena Matthew Lipsky du Morso à Chigaco à créer le Panacea. Une panacée (oui, c’est facile, mais bon, c’est vrai…).

Un toddy, vous le savez, consiste généralement en un mélange d’alcool, d’eau chaude (ou de lait) et de miel auquel vous pouvez toujours ajouter du citron voire même des épices. Lipsky garde le whisky et le citron mais à la place de l’eau chaude, il utilise du Earl Grey glacé (ça tombe bien, c’est aujourd’hui l’anniversaire du bon Earl, second du nom). A la place du miel, du sirop simple à l’anis étoilé. En guise d’épice il opte pour quelques centilitres de Domaine de Canton, une liqueur de gingembre au cognac, à peu près aussi française que le St-Germain – ce qui n’ôte rien à sa qualité…

Il faut tout d’abord préparer le thé. Une cuillère à café de Earl Grey de bonne qualité pour une tasse d’eau bouillante suffira. Après une infusion de cinq minutes, laisser refroidir et puis réfrigérer.

Il faut ensuite préparer le sirop simple à l’anis étoilé. Prendre une dizaine centilitres de sirop simple (une part de sucre pour une part d’eau), porter à ébullition puis retirer du feu, ajouter deux morceaux d’anis étoilé et laisser reposer au moins une heure. Retirer l’anis et réfrigérer. On peut maintenant passer au cocktail.

  • 3 cl de scotch
  • 3 cl de Domaine de Canton
  • 1,5 cl de jus de citron
  • 6 cl d’Earl Grey glacé
  • 1,5 cl de sirop simple à l’anis étoilé

Ajouter tous les ingrédients à un shaker, agiter sur glace et verser dans un verre type old-fashioned. Pour garnir, anis étoilé et zeste d’orange.

Comme pour bon nombre de recettes américaines, vous ne trouverez pas de trace de blanc d’œuf ici. Je pense cependant que tant pour une raison esthétique que de texture en bouche, ce n’est pas une mauvaise idée d’en ajouter (auquel cas, n’oubliez pas de shaker d’abord sans glaçons).

Le Panacea est, il faut bien le dire, un cocktail foutrement dangereux. Non pas parce qu’il est fort (3 cl de whisky, 3 cl d’une liqueur à 28° pour 9 cl de thé, sirop et jus) mais bien parce que c’est redoutablement gourmand. Un whisky bien choisi (un single malt pas trop cher avec une petite et discrète note fumée ?) se fera remarquer et saura se montrer à la hauteur du gingembre et de l’anis. Le côté floral du Earl Grey fonctionne merveilleusement (pour ne pas parler des tanins) et le jus de citron permet au Panacea d’acquérir une lumière (oui) gustative presque printanière. On en redemande.

François Monti est journaliste spécialisé en cocktails et spiritueux. Il collabore régulièrement à Ginger Magazine et à Havana Cocteles, ainsi qu'à de nombreuses publications. Après la pamphlet 'Prohibitions' en 2014, il publie au printemps 2015 '101 Cocktails'. En Espagne, il est l'auteur de 'El Gran Libro del Vermut'. Il est aussi traducteur. Son blog, Bottoms Up, est un site de référence. Il est aussi membre fondateur de la revue littéraire Fric Frac Club et a traduit plusieurs livres.

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François Monti es un periodista y escritor belga afincado en Madrid. Colabora en la revista francesa Ginger y en la web Havana Cocteles. Su primer libro en castellano es 'El Gran Libro del Vermut' Ha publicado en Francia 'Prohibitons' y '101 Cocktails'. Lleva el blog Bottoms Up en dos idiomas y escribe para Coctelería Creativa. Es también traductor.