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Finale Europe - Diageo World Class 2013

La compétition est un passage obligé pour… les marques, plus que pour le barman. Aujourd’hui, chaque marque a son concours et on peut être certain que celles qui sont encore à la traîne nous proposeront quelque chose l’an prochain. C’est en très large mesure à Diageo qu’on le doit. Bien sûr, il y avait déjà des compétitions avant le lancement de Diageo World Class en 2009, mais Diageo a été pionnier grâce à un programme qui implique toute sa gamme premium, met le barman sous le feu des projecteurs et lui offre des formations de qualité. Sans oublier la chose la plus importante : l’opération est conçue sur des bases modernes et dynamiques, éloignées des critères IBA qui dominaient (et souvent dominent toujours) les concours. On peut dire que World Class a inspiré les autres marques à moderniser leurs compétions ou, carrément, à les lancer.

Jérôme Kaftandjian (France)

La finale européenne de World Class 2013 a eu lieu à Madrid cette semaine et nous y avons fait un petit tour. C’est un honneur pour Madrid d’être la seconde ville (après Londres) à accueillir cette étape capitale sur la route vers la finale mondiale. Avec plus de 100 invités venus de tout le continent, c’était l’occasion rêvée de faire découvrir une ville malheureusement moins connue car moins visitée. On espère que les 9 finalistes de l’an passé qui ont travaillés dans les meilleurs bars de la ville mardi soir (dont, pour la France, Alexis Taoufiq au Costello et, pour la Belgique, Olivier Jacobs au Cabrera) garderont un bon souvenir de leur shift et que les invités pousseront de nombreux autres barmen et passionnés à venir faire un tour par ici.

Mais en quoi consistait la finale ? Après un long processus de plusieurs mois, chacun de 13 pays participants avait choisi deux finalistes qui allaient devoir s’affronter sur trois épreuves en deux jours. Le meilleur des deux se qualifierait pour la finale mondiale qui aura lieu en juillet sur… un bateau de croisière. Ce modus operandi peut être surprenant : vous passez deux jours à observer 26 barmen mais en fait il s’agit d’un simple face à face, répété 13 fois.

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Les finalistes européens se mesuraient sur le Retro Chic Speed Challenge (réaliser de 4 à 6 cocktails en 8 minutes), le Cannes Red Carpet (un cocktail et un bottle serve inspirés par des films de prestige) et le Bar-Tender / Bar-Chef (accord tapas et cocktails). Comme chaque année, des techniques originales, des présentations spectaculaires et quelques fiascos (shakers éclatés, cocktails renversés, etc.) qui ne sont tout de même pas parvenus à faire oublier la qualité des préparations.

Pierre Massin (France)

Evidemment, au bout des deux journées, il allait y avoir 13 heureux élus et 13 déçus (un pourcentage nettement inférieur à celui de la finale mondiale, ceci dit, où tout le monde luttera pour être LE vainqueur). Pour la France, Jérôme Kaftandjian l’a remporté devant Pierre Massin dans un grand esprit de camaraderie (il faut dire qu’ils travaillent tous deux au Park Hyatt Paris Vendôme, bar compet’ de l’année après le succès de Guillaume Guerbois au Legacy de Bacardi). Arriver second en finale européenne, c’est tout de même terminer devant des dizaines de candidats très brillants. Pour la Belgique, Carl Van Droogenbroeck, du Cocktail at Nine d’Anvers se qualifie, malgré la très belle prestation de Jeroen Van Hecke, de l’Apéreau Bar de Blankenberge. J’en profite pour signaler aux barmen de Belgique francophone qui nous lisent que Diageo compte sur vous pour l’année prochaine. Si je ne m’abuse, un seul d’entre vous a participé aux demi-finales belges cette année. Il est temps de se retrousser les manches, le jeu en vaut la chandelle !

Jeroen Van Hecke (Belgique)

Un regret : que la néerlandaise Tess Posthumus ne se soit pas qualifiée. Meilleure nom des 26 candidats. Et surtout, elle a écrit une thèse qui s’appelle Transmediating sexist dinosaurs. James Bond and his journey of product placement.

Plus sérieusement, félicitations aux 26 participants et à Diageo. Mais attention : pour les finalistes, le vrai travail ne fait que commencer. Trois noms à suivre, d’après ce qu’on a pu voir : Atalay Aktas (Allemagne), Monica Berg (Norvège) et Gareth Evans (UK). 574538_614999008510663_1845149005_n

François Monti est journaliste spécialisé en cocktails et spiritueux. Il collabore régulièrement à Ginger Magazine et à Havana Cocteles, ainsi qu'à de nombreuses publications. Après la pamphlet 'Prohibitions' en 2014, il publie au printemps 2015 '101 Cocktails'. En Espagne, il est l'auteur de 'El Gran Libro del Vermut'. Il est aussi traducteur. Son blog, Bottoms Up, est un site de référence. Il est aussi membre fondateur de la revue littéraire Fric Frac Club et a traduit plusieurs livres.

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François Monti es un periodista y escritor belga afincado en Madrid. Colabora en la revista francesa Ginger y en la web Havana Cocteles. Su primer libro en castellano es 'El Gran Libro del Vermut' Ha publicado en Francia 'Prohibitons' y '101 Cocktails'. Lleva el blog Bottoms Up en dos idiomas y escribe para Coctelería Creativa. Es también traductor.