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Authentic Caribbean Rum: un label à suivre

Bar Convent, grand-messe du bar européen qui a lieu chaque année à Berlin, est toujours l’occasion de lancer de nouvelles campagnes. Cette année, on a notamment trouvé parmi les protagonistes Authentic Caribbean Rum (ACR). Cinq ans après la présentation officielle de cette marque d’authenticité ou de qualité, la West Indies Rum and Spirits Producers Association (WIRSPA) en remet une couche et compte augmenter sa projection internationale.

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Qu’est-ce que l’ACR ?

C’est autant un label de qualité que de provenance. Pour l’espérer, il faut venir géographiquement des Caraïbes, c’est-à-dire toutes les îles (sauf les territoires français, je pense) plus le Belize, le Suriname et le Guyana. Il faut ensuite suivre quelques normes (produit avec du jus, du sirop de sucre de canne ou de la mélasse, fermenté et distillé sous 96% abv dans la zone géographique, sans ajout d’additifs). Surtout (le reste étant grosso modo la définition du rhum selon l’UE), il faut suivre une politique d’âge minimum (l’âge affiché sur la bouteille correspond à la goutte la plus jeune présente dans le liquide) et ne pas pratiquer le système solera. Ce qui revient donc à dire que si le Guatemala était une île caribéenne, Zacapa ne pourrait pas prétendre au label.

Qui en bénéficie ?

17 producteurs de 14 pays. On retrouve deux géants : Brugal et Barceló. Des marques mythiques pour les barmen : Angostura, Appleton, Barbancourt, El Dorado. Des marques qui commencent à s’imposer : Chairman’s Reserve, Doorly’s, Cockspur. A Berlin, on a aussi pu découvrir des choses aussi curieuses que le St Nicholas Abbey ou le Clarke’s Old Grog. Bref : voir cette liste c’est comprendre instinctivement le commentaire de Andrew Nicholls lors de sa masterclass : « Rum is not only rum ». ACR est un standard mais ne vise pas une qualité standard.

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Quels sont les objectifs ?

Spread awareness, comme diraient les anglophones. Vendre, dirait-on. L’idée est évidemment de faire connaître les marques membres du WIRSPA. Pour cela, l’association a mis en place un panel international d’experts : Andrew Nicholls, Bastian Heuser, Miguel Lancha, Daniele Biondi, Greg Erchoff… Leur mission est de mettre en place un programme éducatif (avec certification à l’appui) et de communiquer sur ces rhums très différents et parfois fort peu connus. Globalement, entre 2000 et 2010, la catégorie a connu une croissance de 40%, loin devant tous les autres alcools. C’est le moment, c’est l’instant.

Qu’en penser ?

Le rhum a le vent en poupe, le tiki renaît, les barmen s’amusent énormément avec les caractéristiques différentes d’une marque à l’autre. Une partie de ce qui rend le rhum amusant est précisément que c’est un foutoir dans lequel il n’est pas toujours facile de se retrouver. Expect the unexpected. Il ne faudrait pas que ça change. Mais il est évident qu’il s’agit aussi d’une catégorie qui manque de lisibilité. Avec un whisky écossais ou un gin London Dry, il est bien plus facile de se situer. Même si ce n’est pas une panacée, tout initiative visant à clarifier les choses afin que le consommateur puisse faire son choix en connaissance de cause est bonne (même si, il faut insister, l’âge n’est pas un critère de qualité). Par ailleurs, la qualité du panel d’experts pour l’ACR doit produire des programmes intéressants pour les prescripteurs. Car ce sont entre autres les bartenders qui doivent s’informer et offrir une meilleure visibilité à des produits trop souvent ignorés – renaissance du cocktail ou pas, le driver de la catégorie, c’est le Mojito ou le Frozen Daiquiri. Quant à la dégustation du rhum pur, elle reste loin derrière le scotch, considéré plus noble. Au boulot!

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Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site Authentic Caribbean Rums http://www.acr-rum.com ou sur Facebook.

Disclaimer : j’ai participé (tant bien que mal) à une des tables rondes organisées dans le cadre de l’opération et ai été invité à Berlin par le WIRSPA.

François Monti est journaliste spécialisé en cocktails et spiritueux. Il collabore régulièrement à Ginger Magazine et à Havana Cocteles, ainsi qu'à de nombreuses publications. Après la pamphlet 'Prohibitions' en 2014, il publie au printemps 2015 '101 Cocktails'. En Espagne, il est l'auteur de 'El Gran Libro del Vermut'. Il est aussi traducteur. Son blog, Bottoms Up, est un site de référence. Il est aussi membre fondateur de la revue littéraire Fric Frac Club et a traduit plusieurs livres.

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François Monti es un periodista y escritor belga afincado en Madrid. Colabora en la revista francesa Ginger y en la web Havana Cocteles. Su primer libro en castellano es 'El Gran Libro del Vermut' Ha publicado en Francia 'Prohibitons' y '101 Cocktails'. Lleva el blog Bottoms Up en dos idiomas y escribe para Coctelería Creativa. Es también traductor.