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101 Cocktails: Dry Martini

Le Dry Martini a bien entendu une place d'honneur dans '101 Cocktails', mon nouveau livre qui sort aujourd'hui. Voici en exclusivité le texte de la fiche que je lui consacre. J'espère qu'il vous poussera à découvrir les cent autres...

Le Dry Martini est le plus élégant des cocktails. La seule forme de son verre triangulaire suffit à l’évoquer. Cocktail icône, cocktail des icônes : le Martini, c’est Grace Kelly chez Alfred Hitchcock, c’est Bette Davis dans Eve, c’est James « agité, pas remué » Bond, c’est Luis Buñuel qui y dédie un page de ses mémoires. Mais pourquoi ? Rien ne semblait prédestiner à un tel succès ce produit de la rencontre fortuite entre une bouteille de gin anglais et un vermouth français dans un bar quelconque de la fin du XIXe siècle.

Peut-être doit-il sa popularité à cette transparence qui lui donne un air de pureté. Ou alors, c’est dans la beauté de son verre que le secret réside, que l’on préfère celui auquel il a donné son nom ou les splendides Nick & Nora (du nom des très éthyliques protagonistes du film L’introuvable de 1934). Serait-ce son air innocent quand il est porté aux lèvres d’une diva du muet ? On peut aussi chercher la réponse en bouche.

De fait, ce cocktail sec, mais aromatique, a le même impact sur vos papilles qu’un bâtiment Art Déco sur vos pupilles. Mais je m’emporte. Ce n’est pas pour rien que H.L. Mencken le considérait comme « la seule invention américaine aussi parfaite que le sonnet ». Ne vous fiez tout de même pas à ses airs poétiques. Dorothy Parker, qui en savait un rayon sur les vers comme sur les petits verres, nous avertissait déjà de ne pas en prendre plus de deux, au risque de se retrouver sous la table... ou sous l’hôte. Pourtant, à son époque, pas de démesure : un Dry, c’est 4 doses de gin pour 1 de vermouth. Churchill se contenta du gin. James Bond lui préféra la vodka. Triste destin : de nos jours, commandez un Martini et vous risquez de recevoir de l’éthanol glacé. Dans ce monde de brutes, il est plus que temps de revenir au vrai Dry Martini. Voire même d’essayer la version originale, publiée (à Paris !) en 1904 : moitié gin, moitié vermouth. Fort et délicat à la fois : un vrai délice. 

* 50 ml de Gin,
* 20 ml de Vermouth sec
* 1 trait de bitters d’orange
Préparer au verre à mélange. Servir dans un verre à martini et garnir avec une olive et/ou un twist de citron.

Extrait de '101 Cocktails', de François Monti, reproduit avec l'aimable autorisation des éditions Dunod.
Plus d'info sur '101 Cocktails'.

François Monti est journaliste spécialisé en cocktails et spiritueux. Il collabore régulièrement à Ginger Magazine et à Havana Cocteles, ainsi qu'à de nombreuses publications. Après la pamphlet 'Prohibitions' en 2014, il publie au printemps 2015 '101 Cocktails'. En Espagne, il est l'auteur de 'El Gran Libro del Vermut'. Il est aussi traducteur. Son blog, Bottoms Up, est un site de référence. Il est aussi membre fondateur de la revue littéraire Fric Frac Club et a traduit plusieurs livres.

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François Monti es un periodista y escritor belga afincado en Madrid. Colabora en la revista francesa Ginger y en la web Havana Cocteles. Su primer libro en castellano es 'El Gran Libro del Vermut' Ha publicado en Francia 'Prohibitons' y '101 Cocktails'. Lleva el blog Bottoms Up en dos idiomas y escribe para Coctelería Creativa. Es también traductor.