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Dolin

Bonal, 24 heures pour changer le monde

J’imagine que cela ne sera le cas de personne ici, mais dans la liste des produits que l’on confond parfois avec le vermouth (comme l’americano, évoqué il y a peu), je retrouve fréquemment le Bonal. Après tout, si même le Lillet et le Dubonnet sont souvent considérés comme des vermouths, comment s’attendre à autre chose pour un vin aromatisé finalement bien moins connu de nos jours (sauf dans les bars de pointe).

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Tout cela est très regrettable. Il y a quelques mois, j’avais dirigé une dégustation de produits aromatisés à la quinine à Madrid, capitale d’un pays où le Bonal n’est pas distribué. De la dizaine de références souvent difficiles à trouver là-bas que j’avais présentées, le Bonal était de loin, avec le Kina L’Aéro d’Or de Tempus Fugit, le produit qui trouva le plus les faveurs du public, principalement composé de professionnels. Cela devait être l’amertume superbement contrôlée sur des notes d’orange presque mielleuse. De fait, comment résister à un Bonal sur glace, hein ? Peut-être finira-t-il par percer.

Qu’est donc le Bonal ? Comme l’étiquette l’indique, c’est un gentiane-quina. On pourrait donc le résumer ainsi : le Bonal est au vin à la quinquina ce que l’americano est au vermouth – un cousin tellement proche qu’on le prend pour son frère. La base est une mistelle, comme un grand nombre d’apéritifs français traditionnels – j’irais même jusqu’à dire que dans l’ADN de l’apéritif français, la mistelle a une place de choix, bien plus que le vin. Je ne sais pas comment l’extrait aromatique est produit aujourd’hui mais il semblerait bien qu’historiquement, un peu comme le Noilly, la macération de la gentiane, de la quinine et des autres ingrédients avait lieu directement dans la mistelle.

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Et puisqu’on parle d’histoire, celle de Bonal est assez amusante, si l’on en croit le petit livre de Jean-Louis Clade et Charles Jollès, ‘La gentiane, L’aventure de la fée jaune’. A un jour près, ce produit n’aurait jamais été inventé… En 1858, Hippolyte Bonal était novice au monastère de Saint-Bruno (ordre chartreux) et s’apprêtait à prononcer ses vœux pour devenir frère Raphaël lorsqu’il fut prié de quitter les lieux car il avait « procédé à l’accouchement d’une paysanne que la sage femme du village s’était refusée à opérer devant la gravité de la situation ». Le jeune homme de 32 ans, qui avait étudié la médecine à Lyon, s’installa dans le village tout proche de Saint Laurent du Pont en tant que médecin et herboriste. Sans doute influencé par l’élixir des chartreux et par les traditions locales, il utilisa toutes ses connaissances pour parvenir à « conserver l’arôme, le parfum, les vertus médicinales des plantes et des fruits ». Le résultat liquide de ses recherches se commercialisa 1865, sous son nom…

La suite ? Une histoire à succès qui permit à Bonal de se faufiler parmi les apéritifs, toniques ou digestifs les plus connus d’un pays qui, à l’époque, en raffole. L’entreprise finira par employer près de cent ouvriers et produira plus de deux millions de litres par an. La seconde guerre mondiale brisa la dynamique et les années suivantes lancèrent le long, lent et douloureux déclin de l’apéritif à la française, vampirisé par les anisés. Depuis maintenant près de quarante ans, c’est Dolin qui a repris la marque, la sauvant ainsi de la disparition.

Buvons à ce sauvetage, mais quoi ? Le malheur des apéritifs viniques aromatisés qui ne sont pas du vermouth, c’est qu’on tend à les utiliser à la place du vermouth dans des twists de classiques. Les résultats sont bien entendu souvent excellents, mais où est le décalage ? Je vous propose donc un cocktail qui, certes, n’est pas le plus original du monde, mais qui, au moins entraîne le Bonal sur un terrain moins commun : le tequila. Dans le Cortez the Killer, l’harmonie entre tequila et Bonal est créée, ai-je envie de dire, par le chocolat, pour un cocktail simple, mais surprenant. On me souffle que le Bonal fonctionne merveilleusement bien avec le rhum jamaïcain. Ce sera pour la prochaine fois.

Cortez the Killer (recette de Brent Butler, Blackbird, San Francisco)
* 2 oz de tequila blanco
* ¾ oz de Bonal
* ¼ oz de Crème de cacao
Préparer sur glace au verre à mélange, servir dans un verre à cocktail et garnir d’un zeste d’orange

François Monti est journaliste spécialisé en cocktails et spiritueux. Il collabore régulièrement à Ginger Magazine et à Havana Cocteles, ainsi qu'à de nombreuses publications. Après la pamphlet 'Prohibitions' en 2014, il publie au printemps 2015 '101 Cocktails'. En Espagne, il est l'auteur de 'El Gran Libro del Vermut'. Il est aussi traducteur. Son blog, Bottoms Up, est un site de référence. Il est aussi membre fondateur de la revue littéraire Fric Frac Club et a traduit plusieurs livres.

*

François Monti es un periodista y escritor belga afincado en Madrid. Colabora en la revista francesa Ginger y en la web Havana Cocteles. Su primer libro en castellano es 'El Gran Libro del Vermut' Ha publicado en Francia 'Prohibitons' y '101 Cocktails'. Lleva el blog Bottoms Up en dos idiomas y escribe para Coctelería Creativa. Es también traductor.



Classique Moderne: le Bensonhurst

Notre série ‘Classiques modernes ‘ continue avec, cette fois-ci, une invitée venue des Etats-Unis. J’ai rencontré Franky Marshall cet été à Cognac. Depuis, cette cosmopolite impénitente a sans doute visité 32,5 autres pays. Sa soif d’apprendre quand beaucoup penseraient déjà tout savoir est frappante et son humour… marquant. Franky faisait partie de l’équipe qui a ouvert le Clover Club, où elle est restée plus de trois ans et, entre ses voyages, travaille aujourd’hui au Tippler et à Dead Rabbit. Elle est aussi vice-présidente de l’United States Bartenders Guild NY. Elle parle français comme une française et espagnol comme une espagnole. Excusez du peu.

Le choix de Franky Marshall s’est porté sur un cocktail né de la même mode que le Greenpoint que j’avais moi-même sélectionné au début de la série. Comme quoi, les modes, ça laisse aussi des traces.

Bensonhurst, de Chad Solomon (ex Pegu Club)

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« Bensonhurst est un quartier de Brooklyn, tout comme Greenpoint et Red Hook [nom d’un autre cocktail de la même vague, ndlr]. J’habite à proximité de ces trois quartiers.

La première fois que j’ai bu un Bensonhurst, c’était à la fin d’un shift au Clover Club. Je voulais quelque chose à base de rye et plus sec qu’un Manhattan traditionnel. Un de mes collègues m’a préparé ce cocktail et je me souviens de m’être assise près de la cheminée du petit salon après le boulot et d'avoir vraiment savouré et pris plaisir à boire ce cocktail incroyablement satisfaisant. Selon la recette originale, le cocktail n’est pas garni mais je l’aime bien avec un peu d’huiles essentielles de citron.

Le Bensonhurst a été créé par Chad Solomon en février ou mars 2006, date à laquelle il a figuré sur le menu de printemps du Pegu Club. Au départ, il était préparé avec du Noilly Prat mais depuis, c’est devenu du Dolin Dry. Pour le rye, c’était le Rittenhouse 100 qui était utilisé. Je recommande le Knob Creek Rye pour se rapprocher le plus possible de la saveur originale. »

* 5ml de Cynar * 10ml de Luxardo Maraschino * 30ml de Dolin Dry * 60ml de rye whiskey

Verser les ingrédients dans un verre à mélange, ajouter la glace, remuer puis servir up dans une coupe. Si vous le désirez, exprimer un zeste de citron à la surface de votre cocktail.

Cet article fait partie de la série « Classiques modernes » dont vous pouvez lire l’introduction ici. Pour développer cette série, nous avons besoin de votre aide : n’hésitez pas à nous signaler les recettes que vous considérez comme des classiques modernes en commentaire, sur Facebook ou par mail.

François Monti est journaliste spécialisé en cocktails et spiritueux. Il collabore régulièrement à Ginger Magazine et à Havana Cocteles, ainsi qu'à de nombreuses publications. Après la pamphlet 'Prohibitions' en 2014, il publie au printemps 2015 '101 Cocktails'. En Espagne, il est l'auteur de 'El Gran Libro del Vermut'. Il est aussi traducteur. Son blog, Bottoms Up, est un site de référence. Il est aussi membre fondateur de la revue littéraire Fric Frac Club et a traduit plusieurs livres.

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François Monti es un periodista y escritor belga afincado en Madrid. Colabora en la revista francesa Ginger y en la web Havana Cocteles. Su primer libro en castellano es 'El Gran Libro del Vermut' Ha publicado en Francia 'Prohibitons' y '101 Cocktails'. Lleva el blog Bottoms Up en dos idiomas y escribe para Coctelería Creativa. Es también traductor.



A la busqueda del verdadero Presidente

Abrimos Drinks, de Tony Conigliaro y vemos un Presidente preparado con ron añejo y vermut dulce. En Boozehound de Jason Wilson, El Presidente se hace con vermut seco. En And a bottle of rum de Wayne Curtis, lo que encontramos es ron blanco. Gary Regan, en su The Joy of Mixology, propone un Presidente horrífico: lleva lima, piña y granadina. Entonces, ¿que llevaba el verdadero Presidente, si es que tal cosa existe?

 
El presidente Menocal
El presidente Menocal
 

¿El ron?

Aquí no cabe duda. Puedes preparar tu Presidente con ron viejo si quieres, pero todos los libros cubanos apuntan a lo mismo: el cóctel se prepara con ron blanco u ‘oro’, tipo Bacardi carta de oro pre-Castro. En la actualidad, se recomienda utilizar un Havana Club 3 años, por ejemplo. Se necesita el toque cubano.

¿El vermut?

Aquí, la cosa se tuerce un poco. Cuando no están patrocinados por marcas especificas, los libros cubanos hacen mención genérica al vermut ‘italiano’ (o sea dulce) y al vermut ‘francés’  (o sea seco). Hay una tercera opción, la del vermut de Chambéry (o sea ‘blanco’). De este, hablamos el otro día. Una cosa está clara: El Presidente nunca se preparó convermut dulce clásico (italiano). Más allá de esto, cada uno tenía su estilo: en Sloppy Joe’s, utilizaban Noilly Prat mientras en El Floridita, utilizaban Chambéry durante los años 30. El manual publicado en 1930 por el Club de los Cantineros, asociación gremial, también recomienda el Chambéry. Pero en El arte de hacer un cocktail y algo más (1927), lo que se menciona es el vermut francés, o sea seco. En cualquier caso, la receta de Presidente más antigua de la que disponemos (1915) se prepara con Chambéry. Y la segunda más antigua (1924), también. El cambio hacia el vermut seco en varias recetas no necesariamente tiene que ver con preferencias de cantinero: la verdad es que en los años 30, parece ser que el vermut de Chambéry no estaba distribuido directamente en Cuba. Tenía que ser importado por otros países. No se podía garantizar su disponibilidad. Por eso, quizás, en los libros del Floridita de los 50, El Presidente se prepara con una marca italiana: el vermut Ama. Pero resulta que el Ama era… un vermut blanco, como los de Chambéry.

 
No hay igual.
No hay igual.
 

¿Curaçao y / o granadina?

En Sloppy Joe’s, lo preparaban con granadina y curaçao. En El Floridita, sólo con curaçao. En el libro El arte de hacer un cocktail y algo más (1927), sugerían que El Presidente se hace con granadina mientras El Presidente Machado se prepara con curaçao y granadina. De ahí una teoría muy popular: El Presidente nació para honrar al presidente Menocal y se prepara con granadina; se añadió curaçao cuando llegó a la presidencia Gerardo Machado en 1925. Se derrumba esta interpretación al constatar que la primera receta de Presidente, publicada una década antes, ya combinaba los dos ingredientes. Y la segunda, del año anterior, deja las dos opciones abiertas.

¿Las proporciones?

Lo más fácil de todo nuestro recorrido presidencial: salvo la primera receta (más vermut que ron) y las de los años 50 (más ron que vermut) , TODAS las recetas que tenemos concuerdan. Un ‘verdadero’ Presidente se prepara con partes iguales de vermut y de ron.

…y la receta

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* 45 ml de Havana Club 3 años * 45 ml de vermouth Dolin Blanc * Cuchara de curaçao * Media cuchara de granadina Revolver, colar en copa cóctel y servir con cascara de naranja.

Al Dolin, se puede sustituir vermuts blancos (que no secos) de otras marcas (Martini, Cinzano) pero el resultado será un pelín inferior.

Como se puede ver, históricamente, El Presidente no era un cóctel fuerte, un Manhattan cubano, como se presenta a veces. No: se trataba de un cóctel ligero, aromático, un poco dulzón… Una maravilla auténticamente cubana, mucho mejor que cualquier reinterpretación, por buena que sea, que hayamos probado.

François Monti est journaliste spécialisé en cocktails et spiritueux. Il collabore régulièrement à Ginger Magazine et à Havana Cocteles, ainsi qu'à de nombreuses publications. Après la pamphlet 'Prohibitions' en 2014, il publie au printemps 2015 '101 Cocktails'. En Espagne, il est l'auteur de 'El Gran Libro del Vermut'. Il est aussi traducteur. Son blog, Bottoms Up, est un site de référence. Il est aussi membre fondateur de la revue littéraire Fric Frac Club et a traduit plusieurs livres.

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François Monti es un periodista y escritor belga afincado en Madrid. Colabora en la revista francesa Ginger y en la web Havana Cocteles. Su primer libro en castellano es 'El Gran Libro del Vermut' Ha publicado en Francia 'Prohibitons' y '101 Cocktails'. Lleva el blog Bottoms Up en dos idiomas y escribe para Coctelería Creativa. Es también traductor.



Dolin, el vermut de Chambéry

Estamos en medio de la locura del vermut. No tiene el tamaño de la locura de la ginebra (ni la tendrá) pero llaman mucho la atención todos los productos que están apareciendo por el mercado internacional y el español. Acaba de llegar a España el vermut italiano Mancino, Euro Wine Gate (los de G’Vine) presentaron en París, en junio, La Quintinye Vermouth Royal (¿llegará a España de la mano de Global Premium?) y leímos hace unos días que el próximo Bar Convent Berlin verá el lanzamiento de un vermut alemán… Todos estos nuevos productos, por buenos que sean, no deben hacernos olvidar que España tiene una gran tradición del vermut y que los bármanes patrios no utilizan bastante esta producción. Además, algunos de los mejores vermuts internacionales no pueden contar con una distribución española a la altura de sus calidades. He aquí, en la ultima generación, el ejemplo del excelentísimo Vermut del Professore, o, en los productos tradicionales, de Carpano, la casa de vermut más antigua del mundo (su Punt e Mes se puede encontrar con mucha facilidad, pero el Formula Antica sólo está disponible en un par de tiendas exclusivas y de su maravilloso vermut de base, no tenemos ni rastro).

La marca Dolin, de la cual queremos hablar hoy, se encuentra en la misma situación. Como Carpano, se trata de una de las casas más prestigiosas e importantes del mundo del vermut, y sus productos siguen siendo, al contrario de alguna que otra marca histórica, imprescindible.

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En 1815, Joseph Chavasse abre una fabrica de licores en un pueblecillo en lo que es hoy la Savoie francesa – entre otras cosas, produce una absenta blanca. Estamos en una región montañosa, a algunos kilómetros de la zona de producción de Chartreuse. Existen en los montes y los bosques una cantidad increíble de hierbas, similares a las de Turín, al otro lado de los Alpes, donde creó Antonio Carpano su primer vermut en 1786. No extraña que Chavasse haya encontrado allí lo necesario para crear su propia formula exclusiva de vermut. En 1821, ochos años después de Noilly Prat y cuarenta y dos años antes que Martini-Rossi, nace el estilo que se va a conocer como Vermut de Chambéry. La compañía toma el nombre de Dolin en 1843 cuando Chagasse deja el mando a Louis Ferdinand Dolin, su yerno.

Vermut de Chambéry es el único tipo de vermut que puede contar con una denominación de origen (y eso desde el 1932).

¿Cuales son los vermut de Chambéry?

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El más conocido en España es el vermut seco (se puede encontrar en tiendas como Lafuente en Barcelona, Baco en Madrid y algunas Tiendas del Gourmet del Corte Inglés). Menos oxidado que el Noilly Prat y con una base más vínica, es un producto de gran sutileza. Además de su sabor, tuvo mucho éxito con el público americano porque se trata de un producto sin color – y en Estados-Unidos, la elegancia del Martini era y sigue siendo ligado a su transparencia. De hecho, durante casi 50 años, Noilly Prat vendió en EEUU un vermut seco transparente para no dejar el terreno abierto al Chambéry.

El vermut dulce de Dolin es menos amargo que los vermut italianos y también de sabor más delicado. Es un producto exquisito que funciona mejor en cócteles en los cuales no se supone que el vermut tiene que aportar todo el amargor. Su perfil lo situaría entre el vermut dulce italiano y el vermut blanco.

Pero el más interesante de toda la gama es el Dolin Blanc (Bianco). El primer vermut transparente del mercado. La próxima vez que toméis un Martini Bianco, que sepáis que lo que estáis bebiendo es una imitación del vermut de Chambéry. Esta imitación se lanzó al mercado en 1910, o sea casi 90 años después del producto de Dolin. Muy floral y cítrico, con lo justo de acidez y de amargor, queda, hoy en día, el rey de los blancos. Todavía no he probado ninguno que se pueda acercar. Quizás os hará pensar en Lillet pero no es hacer justicia al Dolin. La pregunta obvia es “¿y con que mezclamos este Dolin Blanc?”. Claro, el Martini Bianco, por ejemplo, no es muy utilizado en cócteles. Se toma en general sobre hielo con corteza de limón o de naranja. El Dolin Blanc es espectacular así, pero también funciona muy bien mezclado. Bármanes de hoy tienden a utilizarlo con Tequila. También es buena idea utilizarlo en algunos cócteles pensados para el vermut seco pero que nos parecen un poco ‘apagados’ preparados del modo tradicional. El ‘blanco’ puede ‘resucitarlos’. Incluso el venerable Martini: ¿cansado de vuestro 7:1 sequísimo? Pues ¿porque no preparar un Martini súper, súper wet, mitad ginebra, mitad Dolin Blanc?

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El Dolin Blanc no solo da juego al imaginario del cantinero moderno. Era también un ingrediente muy popular en las barras de la edad dorada cubana. Un ejemplo de cóctel perdido seria el A Pie Cóctel (ron, licor de albaricoque, lima y vermut blanco de Chambéry). Pero mi sugerencia es de probar el verdadero Presidente. No, no esta cosa aburrida con vermut seco ni esta cosa un poco demasiada pesada con vermut dulce clásico. ¡A probar el Presidente como dios manda: gotitas de curaçao, gotitas de granadina, partes iguales de ron cubano y de Dolin Blanc! Un milagro del cual hablaremos con más detalle en unos pocos días.

Dolin no sólo produce vermuts. También esta detrás del Bonal, un aperitivo a base de genciana, del amaro Suédois Dolin, de la Chambéryzette (vermut a la frambuesa) y de varios genepis (licor digestivo a base de una planta prima hermana del ajenjo).

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François Monti est journaliste spécialisé en cocktails et spiritueux. Il collabore régulièrement à Ginger Magazine et à Havana Cocteles, ainsi qu'à de nombreuses publications. Après la pamphlet 'Prohibitions' en 2014, il publie au printemps 2015 '101 Cocktails'. En Espagne, il est l'auteur de 'El Gran Libro del Vermut'. Il est aussi traducteur. Son blog, Bottoms Up, est un site de référence. Il est aussi membre fondateur de la revue littéraire Fric Frac Club et a traduit plusieurs livres.

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François Monti es un periodista y escritor belga afincado en Madrid. Colabora en la revista francesa Ginger y en la web Havana Cocteles. Su primer libro en castellano es 'El Gran Libro del Vermut' Ha publicado en Francia 'Prohibitons' y '101 Cocktails'. Lleva el blog Bottoms Up en dos idiomas y escribe para Coctelería Creativa. Es también traductor.



Floridita Special, le Manhattan de Constante

Et donc dimanche dernier, je suis passé pour la première fois derrière un vrai bar pour faire de vrais cocktails à de vrais clients qui payaient avec des vrais billets (et des cartes en plastique). Tout c’est très bien passé mais, on ne se refait pas, après les six heures de service, il m’a fallu rattraper le temps perdu, ce qui a rendu le réveil du lendemain plutôt difficile. C’est, bien entendu, une autre histoire.

Nous avions élaboré une carte de huit cocktails, variée et remplie de quelques drinks pas vraiment connus voire carrément oubliés. Les fans acharnés des grands classiques cubains pouvaient tout de même commander ce qui n’était pas sur la carte – même un Mojito que mon « barback d’un soir » s’est empressé de réaliser (pas par snobisme : je suis juste incapable de préparer un bon Mojito). Bref.

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Les lecteurs de ce blog doivent déjà être familiarisés avec le Presidente dans sa version 50/50 rhum et Chambéry blanc ou avec la merveilleuse Chaparra. Les lecteurs de Ginger connaîtront sans doute le Floridita Old-Fashioned (recette dans le numéro 1), un des best-sellers de la soirée. Mais quid du Floridita Special, le cocktail le plus apprécié, en tout cas par les barmen qui m’ont fait l’honneur de passer ?

A ma connaissance, la première apparition du Floridita Special date de la brochure Floridita de 1933. C’est une recette difficile à interpréter, notamment parce que les proportions pour les deux ingrédients principaux sont ½ et 1/3. Non, ça ne fait pas 1. On peut s’imaginer que les cuillères et demi-cuillères d’autres ingrédients complètent le cocktail. Pourquoi pas. En tout cas, deux cocktails au-dessus, on trouve une recette à trois ingrédients dans les proportions suivantes : ½, ½ et ½. Non, ça ne fait pas 1 non plus. Et le cocktail d’en dessous est indiqué en onces. Cohérence ?

 
Menu Floridita 1936
Menu Floridita 1936
 

Quoi qu’il en soit, le Floridita Special est en fait un Manhattan à la manière de Constante Ribalaigua. Qu’on le prépare plus fort en vermouth, comme la recette originale semble l’indiquer ou plus fort en rye, pour le rapprocher du ‘classique’, c’est un cocktail absolument délicieux. Mais les proportions ne représentent pas le seul problème. Il y a aussi un ‘cascara pequeña de limón’ (traduit erronément en anglais par ‘lemon’ au lieu de ‘lime’) qui ne semble pas, au regard des autres recettes, être là pour servir de garnish, et ce bien que les standards flottants du livret nous empêchent d’en être certain à 100%.

Au final, nous avons pris plusieurs libertés avec le Floridita Special. Tout d’abord, opter pour plus de rye que de vermouth et pour le verre à mélange plutôt que le shaker. Ensuite, à la suggestion de Fernando Castellon (que je remercie au passage de m’avoir laissé consulter ses brochures du Floridita), nous avons augmenté la dose de Picon. Ainsi, on entraîne un peu le cocktail du côté du Brooklyn, mais surtout on profite de la moindre amertume du Dolin rouge que nous avions à disposition. C’est une belle association Enfin, pour l’écorce de citron vert, il a été décidé de prendre le chemin Chaparra et de l’utiliser dans le verre à mélange afin de donner au cocktail une vraie dimension citrique sans pour autant y ajouter du jus. C’est cette touche qui fait de ce cocktail un vrai classique cubain.

 
Floridita, muy especial.
Floridita, muy especial.
 

* 60 ml de rye * 15 ml de vermouth rouge Dolin * 15 ml d’Amer Picon * 1 trait d’Angostura * 1 cuillère à café de sucre * La peau d’un citron vert entier

A l’aide de la cuillère ou d’un muddler, bien écraser citron vert et sucre dans le fond d’un verre à mélange. Ajouter les autres ingrédients et les glaçons. Bien refroidir et servir dans un verre à cocktail. Garnir d’un twist d’orange.

Si vous utilisez un vermouth italien plus amer, il faudra sans doute ajuster le Picon. Vous pouvez aussi décider de revenir aux proportions de Constante et mettre plus de vermouth, ou alors d’y mettre un second trait d’Angostura, ou d’utiliser du sirop simple à la place du sucre : le résultat ne sera pas décevant, loin de là. Avant de choisir la recette ci-dessus, nous avons essayé toutes ces façons de le préparer. C’est toujours excellent.

Remerciements à Alberto Martínez du 1862 Dry Bar pour m’avoir fait confiance, à Ramon Parra pour le coup de main derrière le bar, à Jean-Luc Scapolan de Dolin, à Fernando Castellon pour ses conseils avisés, à Michael Menegos pour le secret de la Chaparra et à tous ceux qui sont venus passer l’après-midi avec moi. On recommencera.

François Monti est journaliste spécialisé en cocktails et spiritueux. Il collabore régulièrement à Ginger Magazine et à Havana Cocteles, ainsi qu'à de nombreuses publications. Après la pamphlet 'Prohibitions' en 2014, il publie au printemps 2015 '101 Cocktails'. En Espagne, il est l'auteur de 'El Gran Libro del Vermut'. Il est aussi traducteur. Son blog, Bottoms Up, est un site de référence. Il est aussi membre fondateur de la revue littéraire Fric Frac Club et a traduit plusieurs livres.

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François Monti es un periodista y escritor belga afincado en Madrid. Colabora en la revista francesa Ginger y en la web Havana Cocteles. Su primer libro en castellano es 'El Gran Libro del Vermut' Ha publicado en Francia 'Prohibitons' y '101 Cocktails'. Lleva el blog Bottoms Up en dos idiomas y escribe para Coctelería Creativa. Es también traductor.