Powered by Morgan&Men SEO Consulting - Widget

London Dry

Le Martini de Billy

Même lorsque Billy Wilder réalisait avec 'The Lost Weekend' (admirez au passage le titre français moralisateur: 'Le Poison') l’un des meilleurs films sur l’alcoolisme, il ne pouvait s’empêcher de lancer une petite pique aux régulateurs les plus acharnés: « la prohibition c’est ça qui les a tous menés à la boisson », entend-on a un moment. Bien sûr, on se souvient également du mythique Manhattan de Marilyn dans ‘Certains l’aiment chaud’ ou des innombrables Martini de ‘La garçonnière’ (vf un poil plus directe que l’original). Et on trouve dans son livre d’entretien avec Cameron Crowe, alors qu’il avait plus de 90 ans, un commentaire que j’aime particulièrement quand il répond à la question de la consommation d’alcool sur et autour des plateaux en plein âge d’or d’Hollywood (ma traduction et paraphrase):

« On servait dans les bars un centaine de boissons différentes. Aujourd’hui, personne ne boit. Ils boivent de la vodka, du gin, du scotch, c’est tout. (…) Mais avant, il y avait des… Sidecars. C’était le nom d’une boisson. Cela ne nous semblait pas important [que quelqu’un boive au déjeuner sur les tournages]. Je n’étais pas saoul mais je buvais un Martini. »
— Billy Wilder

 

Que Wilder considère que boire de l’alcool pur plutôt qu’un cocktail n’est pas vraiment boire n’est pas la moindre des raisons d’apprécier ce passage. Lui est resté fidèle toute sa vie au Martini. Pour preuve, son épouse Audrey avait confié sa recette à Crowe:

Bien que Wilder constatât ainsi que le temps avait éloigné les gens du cocktail en général, il n’était pas lui-même immunisé aux effets de la mode. Pour preuve, son passage à la vodka. A sa décharge, Audrey souligne, fort à propos, que même s’ils n’en utilisent que huit traits « le Noilly Prat est essentiel ». La vie de Wilder a été longue (1906-2002). Il en aura donc bu, des Martinis. En voici trois qu’il aurait pu découvrir de son vivant et qu’il aurait pu boire s’il avait été aussi créatif rayon boisson que rayon scénario. Des recettes, aussi, qui auraient permis de redécouvrir les possibilités du Martini que la vodka avait peut-être fait oublier. On aurait aimé voir ‘Bud’ Baxter, Sugar ‘Kane’, Nora Desmond, Phyllis Dietrichson ou Joe Gillis s’en délecter.

Racquet Club Cocktail

Un twist du Dry Martini avant (1891) que le Dry Martini ne devienne le Dry Martini (1904), le Racquet Club ajoute juste une cuillère de crème de cacao blanche (et rien de plus). Pour tous ceux qui veulent un Martini vraiment « sec », on en trouve deux pour qui même un Dry Martini raisonnable reste trop fort. Ces quelques millilitres de liqueur arrondissent les angles et apportent une touche légèrement chocolatée et gourmande qui fait merveille. Sabrina Fairchild aurait approuvé, certainement.

* 60 ml de gin London Dry
* 30 ml de vermouth sec
* 1 cuillère à mélange de crème de cacao blanche
* 2 traits de bitters d'orange

Préparer au verre à mélange, servir dans un verre à cocktail refroidi et garnir d’un twist de citron

Merry Widoo

OK, vous avez raison, c’est sans doute Merry Widow. Mais cette recette a été publiée à Cuba en 1924, l’année où Wilder pouvait enfin boire légalement, et disons que les coquilles dues aux prononciations compliquées sont nombreuses. D’autres cocktails portant le même nom sont des recettes low proof, à base de vermouths uniquement. Le Merry Widoo (sic) cubain prend quant à lui des formes de Martinez francisé: vermouth français et Bénédictine à la place de maraschino. Et de l’absinthe, pour une touche très 1890.

* 45 ml de gin London Dry
* 45 ml de vermouth sec
* 1 trait d'Angostura
* 2 traits de Bénédictine (5 ml)
* 2 traits d'absinthe

Préparer au verre à mélange, servir dans un verre à cocktail refroidi et garnir d’un twist de citron

Brucart Cocktail

Contrairement à nombre de ses contemporains, Wilder n’a pas tourné de film en Espagne. C’est dommage car il aurait peut-être découvert chez Jacinto Sanfeliu (le grand nom oublié du cocktail espagnol, relégué à l’obscurité par Chicote) un Martini tout ce qu’il y a de plus sec mais préparé avec un amontillado plutôt qu’un vermouth. 

* 90 ml de gin London Dry
* 10 ml de Xérès amontillado

Préparer au verre à mélange, servir dans un verre à cocktail refroidi et exprimer un zeste de citron à la surface, sans le déposer dans le verre.

François Monti est journaliste spécialisé en cocktails et spiritueux. Il collabore régulièrement à Ginger Magazine et à Havana Cocteles, ainsi qu'à de nombreuses publications. Après la pamphlet 'Prohibitions' en 2014, il publie au printemps 2015 '101 Cocktails'. En Espagne, il est l'auteur de 'El Gran Libro del Vermut'. Il est aussi traducteur. Son blog, Bottoms Up, est un site de référence. Il est aussi membre fondateur de la revue littéraire Fric Frac Club et a traduit plusieurs livres.

*

François Monti es un periodista y escritor belga afincado en Madrid. Colabora en la revista francesa Ginger y en la web Havana Cocteles. Su primer libro en castellano es 'El Gran Libro del Vermut' Ha publicado en Francia 'Prohibitons' y '101 Cocktails'. Lleva el blog Bottoms Up en dos idiomas y escribe para Coctelería Creativa. Es también traductor.



Kina L'Aéro d'Or: dame quinina

Hay un debate en el mundo del cóctel acerca del Lillet. Según los que saben (o piensan saber), cuando el producto pasó de llamarse Kina Lillet (los kinas son aperitivos amargos preparados con quinina) a Lillet, no solo perdió el ‘Kina’ sino también mucho de la quinina que llevaba. La marca dice que fue solo un cambio de nombre (aunque su propia web hablaba de nueva fórmula hace un par de años). Sea cual sea la verdad, desde que empezó a correr el rumor de que preparar unos cocteles clásicos con Lillet (Corpse Reviver 2, Vesper, 20th Century…) no daba el mismo resultado que cuando se inventaron, los bartenders intentaron encontrar soluciones. Infusión de quinina, añadir gotas de bitters fueron algunas de la primeras opciones.

Pero hay otras posibilidades. Hasta ahora, la más popular era utilizar Cocchi Americano, un aperitivo tipo Lillet pero más amargo. Pero el amargor del Lillet viene de la quinina, mientras en un Americano, según la normativa de la UE, viene de la genciana y del ajenjo. Otra opción es el vermut blanco Mancino.  El productor mismo lo presenta más como un Kina que como un vermut tipo Chambéry. Si bien es cierto que la quinina está presente, el ajenjo sigue siendo el rasgo dominante.

Entonces, ¿cómo tener algo que realmente tenga que ver con un Lillet con más quinina? La única solución real que conozco es la de los artistas de Tempus Fugit:  Kina L’Aéro d'Or. Lo llaman “Kina estilo Alpes-Provencia. Se trata de un vino italiano blanco infusionado con, por supuesto, quinina y piel de naranja así como otras especias. El resultado es absolutamente impresionante, con una amargura bien contralada. En comparación con los tres productos mencionados anteriormente, L’Aéro d’Or es más goloso que el Cocchi, con amargura menos agresiva que Mancino y un sabor más complejo que el Lillet.

En cócteles, me encanta el Corpse Reviver # 2 o el 20th Century preparado con un Lillet convencional. Pero ¿qué pasa cuando utilizamos L’Aéro d’Or? El 20th Century, inventado por un tal C.A. Tuck en Inglaterra en los años 30, se beneficia en particular: la alianza entre le Kina y el cacao es sublime (y aún más, supongo, si usamos la propia crema de cacao de Tempus Fugit).

Transient

20th Century Cocktail

* 40 ml de ginebra
* 20 ml de crema de cacao
* 20 ml de Kina L’Aéro d’Or
* 20 ml de jugo de limón fresco
Verter todos los ingredientes en una coctelera llena de hielo, batir y colar en un copa de cóctel.


Otro cóctel para probar / comparar es el menos conocido Kina Cocktail, del libro del Savoy. Harry Craddock fue uno de los primeros en utilizar Kina Lillet en cócteles. En su libro podréis encontrar muchas fuentes de inspiración. El Kina Cocktail nos hace pensar en una especie de Martínez sin marrasquino pero con más naranja, donde se la amargura de los bitters esta aportada por nuestro Kina. Exitazo. Resulta imposible creer que este cóctel tendría el mismo equilibrio con Lillet "normal".

Transient

Kina Cocktail

* 40 ml de ginebra
* 20 ml de Kina L'Aéro d'Or
* 20 ml vermut dulce (preferiblemente Punt e Mes , si la amargura no te asusta )
Verter todos los ingredientes en un vaso mezclador lleno de hielo, remover y colar en una copa de cóctel.

Transient

 

François Monti est journaliste spécialisé en cocktails et spiritueux. Il collabore régulièrement à Ginger Magazine et à Havana Cocteles, ainsi qu'à de nombreuses publications. Après la pamphlet 'Prohibitions' en 2014, il publie au printemps 2015 '101 Cocktails'. En Espagne, il est l'auteur de 'El Gran Libro del Vermut'. Il est aussi traducteur. Son blog, Bottoms Up, est un site de référence. Il est aussi membre fondateur de la revue littéraire Fric Frac Club et a traduit plusieurs livres.

*

François Monti es un periodista y escritor belga afincado en Madrid. Colabora en la revista francesa Ginger y en la web Havana Cocteles. Su primer libro en castellano es 'El Gran Libro del Vermut' Ha publicado en Francia 'Prohibitons' y '101 Cocktails'. Lleva el blog Bottoms Up en dos idiomas y escribe para Coctelería Creativa. Es también traductor.