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London Dry Gin

Des noix: Joan Blondell Cocktail

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Bottoms Up participe parfois à ce petit exercice en réseau qu’est le Mixology Monday. Le thème de ce mois-ci a attiré mon attention : Aw, Nuts ! Non pas que je sois un émule du général McAuliffe, mais plutôt car, lors d’un petit séjour italien le mois passé, je me suis procuré une bouteille de Padre Peppe, une liqueur de noix venue des Pouilles, dont je ne savais encore trop que faire.

Il se trouve par ailleurs que je planche pour le moment sur une matinée de formation cocktails cubains pour le Bar Master organisé par la chambre de commerce de Madrid et qu'une recette avait attiré mon attention : le Joan Blondell Cocktail. Pourquoi ne pas faire d’une pierre deux coups et utiliser un peu de Padre Peppe à la place de la Bénédictine (ne me demandez pas pourquoi) ?

Miss Joan Blondell, 1932

Miss Joan Blondell, 1932

La recette historique de ce cocktail très peu connu n’est pas particulièrement cubaine : 2 parts de gin, 1 part de vermouth doux, 1 part de Bénédictine, 2 traits d’absinthe, 2 traits d’Angostura. J’ai d’ailleurs d’abord pensé que ce cocktail devait être américain. Oui mais voilà : j’ai n’ai pas pu trouver une recette plus vieille que celle qui figure dans la brochure du Sloppy Joe’s de la saison 1932-1933. Et un journal américain fait même une brève en mars 1933 sur cette nouvelle création cubaine. Il faut savoir que José Abeal, patron de ce bar légendaire, avait un temps travaillé à La Nouvelle-Orléans avant de s’installer à La Havane – voilà qui pourrait expliquer la présence de Bénédictine dans une recette aux airs décidément pré-prohibition.

En tout cas, fin 1932, la merveilleuse Joan Blondell est depuis deux ans à Hollywood et est déjà une star grâce à ‘The Public Enemy’ et ‘Blonde Crazy’. 1933 allait être une année fantastique pour elle, avec le premier épisode de la série des ‘Gold Diggers’ ou encore ‘Footlight Parade’. C'est aussi en 33 qu'elle est à l'affiche de ‘Havana Widows’, un film assez provocateur où elle joue une jeune femme qui va à Cuba pour séduire de riches américains – le film a été tourné en studio à Holywood, on ne peut malheureusement donc pas penser que José Abeal aurait inventé le cocktail pour célébrer le tournage…

Le Joan Blondell n’est pas un cocktail assez marquant ou original pour être vu comme un classique oublié. Mais pour ceux qui aiment les drinks type âge d’or américain avec en plus un petit côté sucré, c’est à essayer. Avec le Padre Peppe (vous pouvez aussi utiliser un nocino maison si vous préférez) à la place de la Bénédictine, on a un cocktail sensiblement plus amer. C’est pour cela autant que pour les quantités de sucre que j’ai préféré diminuer un peu la proportion originelle 2-1-1 en 2-1-1/2.

Joan_Blondell_nocino

* 60 ml de gin
* 30 ml de vermouth doux
* 15 ml de nocino
* 2 traits d’Angostura
* 2 traits d’absinthe
Verser tous les ingrédients dans un verre à mélange, remplir de glaçons et mélanger. Filtrer dans un verre à cocktail et garnir avec un twist de citron.

For the benefit of our international, MxMo readership : I decided, for no other reason that it sounded like a good idea, to take the Joan Blondell Cocktail, a long forgotten drink apparently created at Sloppy Joe’s in Havana in late 1932, and use nocino instead of the original Bénédictine. The rest of the ingredients are gin, sweet vermouth, absinthe and Angostura – a very pre-prohibition sort of cocktail, but let’s not forget that José Abeal, the owner of Sloppy Joe’s, had worked in New Orleans prior to 1919.

François Monti est journaliste spécialisé en cocktails et spiritueux. Il collabore régulièrement à Ginger Magazine et à Havana Cocteles, ainsi qu'à de nombreuses publications. Après la pamphlet 'Prohibitions' en 2014, il publie au printemps 2015 '101 Cocktails'. En Espagne, il est l'auteur de 'El Gran Libro del Vermut'. Il est aussi traducteur. Son blog, Bottoms Up, est un site de référence. Il est aussi membre fondateur de la revue littéraire Fric Frac Club et a traduit plusieurs livres.

*

François Monti es un periodista y escritor belga afincado en Madrid. Colabora en la revista francesa Ginger y en la web Havana Cocteles. Su primer libro en castellano es 'El Gran Libro del Vermut' Ha publicado en Francia 'Prohibitons' y '101 Cocktails'. Lleva el blog Bottoms Up en dos idiomas y escribe para Coctelería Creativa. Es también traductor.



Le Luigi, un Bronx en mieux

Si le Bronx triomphe aux Etats-Unis avant 1910, c’est dans les années 20 qu’il s’impose partout en Europe. Complètement oublié aujourd’hui, un des cocktails les plus populaires des années folles, en tout cas à Londres, était d’ailleurs un twist du Bronx : le Luigi Cocktail. Présenté pour la première fois dans le ‘Cocktails, How to Mix Them’ de Robert Vermeire (1922), on le retrouve aussi dans le livre du Savoy.

Criterion_Restaurant_Theatre

Le Luigi Cocktail n’a pas été inventé par un barman mais bien par un restaurateur, Luigi Naintré. D’origine italienne, c’était une figure incontournable de la nuit londonienne, de 1910 à 1930. Flamboyant, élégant et surtout très, très bon manager, il fut d’abord à la tête du Romano’s, l’un des meilleurs italiens de la ville, avant de lancer le Ciro’s de Londres, night club précurseur mais vite fermé à cause des lois très restrictives de la première guerre mondiale (il rouvrira en 1919 et Harry McElhone y travaillera). Ensuite, Luigi a été chargé de redorer le blason du Criterion, emblème londonien depuis son ouverture en 1874 – c’est là qu’un certain Watson apprend qu’un monsieur Holmes cherche un flatmate – et dont le bar américain avait acquis ses lettres de noblesse sous la direction de Leo Engel, yankee d’origine allemande. Le barman choisi par Luigi ? Robert Vermeire. Il l’emmènera aussi pour sa dernière aventure : l’ouverture de l’Embassy Club, établissement le plus prestigieux de la ville où l’aristocratie et la bourgeoisie du monde entier venaient manger, danser et boire.

On ne sait pas où et quand Luigi a inventé son cocktail. En tout cas, il semble partir du Bronx, auquel il ôte le vermouth doux, remplace l’orange par un jus de mandarine qu’il renforce avec un peu de Cointreau. Personnellement, je ne suis pas amateur de Bronx – la faute au jus d’orange. Mais avec de la mandarine (ou de la clémentine), c’est une autre expérience et elle vaut vraiment la peine. Voici la recette originale :

Luigi_Cocktail

* 40 ml de gin
* 40 ml de vermouth français
* jus d’une demi mandarine / clémentine
* 1 càc de grenadine
* 1 trait de Cointreau
Verser tous les ingrédients dans un shaker rempli de glaçons, bien agiter et filtrer dans un verre à cocktail.

Comme toutes les recettes (ou presque) de l’époque, il convient d’ajuster les proportions. Pour le jus, compter 30 ml. On peut augmenter la quantité de gin à 50 ml et baisser un peu le vermouth. 1 cuillère à café de Cointreau plutôt qu’un trait, ce n’est pas mal non plus. S’il le faut vraiment, rajouter un peu de sucre (mais attention : mandarine et clémentine sont moins acides que les autres agrumes). Trouvez l’équilibre qui vous convient et vous verrez : le Bronx c’est bof, le Luigi c’est wow.

François Monti est journaliste spécialisé en cocktails et spiritueux. Il collabore régulièrement à Ginger Magazine et à Havana Cocteles, ainsi qu'à de nombreuses publications. Après la pamphlet 'Prohibitions' en 2014, il publie au printemps 2015 '101 Cocktails'. En Espagne, il est l'auteur de 'El Gran Libro del Vermut'. Il est aussi traducteur. Son blog, Bottoms Up, est un site de référence. Il est aussi membre fondateur de la revue littéraire Fric Frac Club et a traduit plusieurs livres.

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François Monti es un periodista y escritor belga afincado en Madrid. Colabora en la revista francesa Ginger y en la web Havana Cocteles. Su primer libro en castellano es 'El Gran Libro del Vermut' Ha publicado en Francia 'Prohibitons' y '101 Cocktails'. Lleva el blog Bottoms Up en dos idiomas y escribe para Coctelería Creativa. Es también traductor.



Kina L’Aéro d’Or: l'apéro quinine

Qu’est-il arrivé au Kina Lillet de vos grands-parents (voire de vos arrière-grands-parents) ? Je prie ceux qui connaissent déjà la réponse – et on espère qu’ils sont nombreux – de se taire et, s’ils le désirent, de passer au paragraphe suivant. Selon le site de Lillet, le Kina a disparu du nom de la bouteille de pépé dans les années 60 / 70. Toujours selon Lillet, en 1985, le packaging change lui aussi. Mais les amateurs de cocktail savent (ou pensent savoir, car la marque dément) depuis longtemps que le Kina Lillet était plus amer (Kina qualifiant des apéritifs amers à base de quinine) que le Lillet et que 1985 a aussi vu un changement dans le liquide (ce que confirmait d’ailleurs encore il y a quelques années le site officiel). Le Lillet blanc actuel est un excellent produit, particulièrement délicieux on the rocks avec un quartier d’orange. Il est parfait dans les cocktails classiques. Mais le barman est un être inquiet et quand on lui dit que lesdits cocktails ont été inventés avec un produit plus amer, eh bien, il veut essayer.

Kina_comparatif

On a suggéré plusieurs solutions pour re-quininiser le Lillet. Certains proposent d’y infuser de la quinine, d’autres de rajouter une goutte ou l’autre de bitters. Mais il y a d’autres possibilités. Jusqu’ici, la plus populaire d’entre elles était d’utiliser le Cocchi Americano, un apéritif qui fait penser au Lillet en plus amer. Mais le Lillet ancien devait son amertume à la quinine, tandis qu’un Americano la doit, selon les régulations de l’UE, à la gentiane et à l’absinthe. Un autre candidat est le vermouth Mancino blanc que le producteur présente lui-même plus comme un Kina qu’un vermouth type Chambéry. Si c’est vrai que la quinine est bien présente, c’est l’absinthe qui reste le trait dominant.

Et donc, comment avoir quelque chose qui ressemble vraiment à un Lillet boosté à la quinine ? La seule véritable solution que je connaisse est apportée par les artistes de Tempus Fugit qui proposent avec Kina L’Aéro d’Or ce qu’ils appellent un Kina de style Alpes-Provence. Une base de vin blanc italien est infusée avec, bien entendu, de la quinine et des écorces d’orange, mais aussi d’autres épices. Le résultat est absolument splendide. L’amertume est vraiment maitrisée. Seul regret, peut-être : bu seul, c’est un peu trop doucereux pour moi. Mais comparé avec les trois produits cités plus haut, L’Aéro d’Or brille vraiment : plus gourmand que le Cocchi, moins agressif que le Mancino et plus ample que le Lillet.

En cocktail, j’aime déjà beaucoup le Corpse Reviver #2 ou un 20th Century Cocktail préparé avec un Lillet classique. Mais que dire de la version Aéro d’Or ? Le 20th Century, inventé par un certain C.A. Tuck en Angleterre dans les années 30, bénéficie particulièrement du traitement : l’alliance avec le cacao est sublime (et encore plus, on imagine, si vous utilisez la crème de cacao de Tempus Fugit).

20th Century Cocktail déguisé en Corpse Reviver 2?

20th Century Cocktail déguisé en Corpse Reviver 2?

20th Century Cocktail

* 40 ml de gin
* 20 ml de crème de cacao
* 20 ml de Kina L’Aéro d’Or
* 20 ml de jus de citron frais
Verser tous les ingrédients dans un shaker rempli de glaçons, agiter puis filtrer dans un verre à cocktail.

Un autre cocktail à essayer / comparer est le moins connu Kina Cocktail, tiré du livre du Savoy. Harry Craddock a été un des premiers à utiliser le Kina Lillet en cocktails et vous trouverez donc dans son livre de nombreuses sources d’inspiration. Le Kina Cocktail fait penser à une sorte de Martinez sans marasquin, plus sur l’orange, et où les bitters sont remplacés avec succès par l’amertume de notre Kina. Impossible de penser que ce cocktail aurait le même équilibre avec du Lillet ‘normal’.

KIna_Cocktail

Kina Cocktail

* 40 ml de gin
* 20 ml de  Kina L’Aéro d’Or
* 20 ml de vermouth doux (de préférence Punt e Mes, si l’amertume ne vous fait pas peur)
Verser tous les ingrédients dans un verre à mélange rempli de glaçons, mélanger à la cuillère puis filtrer dans un verre à cocktail.

Que l’on recrée des produits disparus est fascinant mais pour que ce soit un succès complet, il faudrait que l’on s’en serve aussi pour inventer de nouveaux cocktails. J’attends vos recettes…

La sublime étiquette de Kina L'Aéro d'Or (quand il s'appelait encore Avion d'Or)

La sublime étiquette de Kina L'Aéro d'Or (quand il s'appelait encore Avion d'Or)

François Monti est journaliste spécialisé en cocktails et spiritueux. Il collabore régulièrement à Ginger Magazine et à Havana Cocteles, ainsi qu'à de nombreuses publications. Après la pamphlet 'Prohibitions' en 2014, il publie au printemps 2015 '101 Cocktails'. En Espagne, il est l'auteur de 'El Gran Libro del Vermut'. Il est aussi traducteur. Son blog, Bottoms Up, est un site de référence. Il est aussi membre fondateur de la revue littéraire Fric Frac Club et a traduit plusieurs livres.

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François Monti es un periodista y escritor belga afincado en Madrid. Colabora en la revista francesa Ginger y en la web Havana Cocteles. Su primer libro en castellano es 'El Gran Libro del Vermut' Ha publicado en Francia 'Prohibitons' y '101 Cocktails'. Lleva el blog Bottoms Up en dos idiomas y escribe para Coctelería Creativa. Es también traductor.



Bennett: plus c'est simple, mieux c'est?

Is simplicity best or simply the easiest, demandait Martin Gore il y a une grosse vingtaine d’années. C’est ce que je me demande chaque fois que, n’ayant pas pensé à ce que je voulais boire à l’apéro du dimanche, je retombe sur un de ses cocktails trois ingrédients – Daiquiri, Manhattan, Martini… Qu’il s’agisse de classiques intemporels nous pousse peut-être à répondre « oui, la simplicité, c’est mieux ». C’est en tout cas l’opinion de Jason Wilson, l’auteur de Boozehound, qui, alors que j’évoquais l’Army & Navy de l’autre jour, défendait la beauté des formules à quatre ingrédients, bitters inclus. Si l’on peut évidemment avancer que les classiques sont des classiques car ils sont faciles à reproduire et ne nécessitent pas un bar des plus larges, que nous sommes, en quelque sorte, poussés à les préparer plus souvent, qu’ils sont programmés pour être proposés partout et donc se réserver une place de choix dans notre cerveau éthylique collectif, si l’on peut accepter tout cela, l’on sait aussi que la vérité est bien plus simple : c’est qu’ils flattent particulièrement bien nos sens.

Il y a un cocktail très simple et redoutablement efficace vers lequel je me tourne régulièrement les jours de doute. Il n’est jamais devenu classique, a priori il n’a pas de quoi intéresser le buveur en mal de sensations simples (la formule n’ayant pas la touche différente apportée, par exemple, par un sirop d’orgeat), mais c’est un splendide cocktail. Le Bennett Cocktail apparaît pour la première fois dans ‘Cocktails, How to Mix Them’ de Robert Vermeire en 1922. Il le présente comme un cocktail ‘très populaire au Chili’, qui porte le nom d’un ‘propriétaire foncier et multimillionnaire, très aimé de ses compatriotes’.  On trouve bien trace d’une famille Bennett, d’origine anglaise (Plymouth) qui a joué un rôle politique dans le Chili du début du XXe siècle, tant au niveau local que national. Etait-ce l’un d’eux ?

Un Bennett du Chili

Un Bennett du Chili

La particularité de la recette proposée par Vermeire est l’absence de sucre pour équilibrer les 25 ml de jus de citron vert. Au moins, il utilise un gin Old Tom tandis qu’Harry Craddock en 1930, s’il omet lui aussi le sucre, opte pour un London Dry. On fait la grimace rien qu’à y penser. Il est clair que le Bennett Cocktail a besoin de sirop simple. Gary Regan recommande d’en mettre deux fois moins que le jus. Personnellement, je suggère de le préparer comme vous prépareriez votre Daiquiri.

Gin, citron vert, sucre : qu’est-ce donc si ce n’est un ‘bête’ gin sour ? Ce qui élève le Bennett Cocktail au-delà du générique, c’est l’Angostura. Deux traits suffisent non seulement à changer la couleur mais aussi à donner à notre drink toute cette complexité qui rend la simplicité belle. Petit miracle.

Bennett_Cocktail

* 60 ml de gin
* 30 ml de jus de citron vert frais
* 15 à 20 ml de sirop simple
* 2 traits d’Angostura
Verser tous les ingrédients dans un shaker rempli de glaçons, agiter et filtrer dans un verre à cocktail préalablement rafraîchi.

François Monti est journaliste spécialisé en cocktails et spiritueux. Il collabore régulièrement à Ginger Magazine et à Havana Cocteles, ainsi qu'à de nombreuses publications. Après la pamphlet 'Prohibitions' en 2014, il publie au printemps 2015 '101 Cocktails'. En Espagne, il est l'auteur de 'El Gran Libro del Vermut'. Il est aussi traducteur. Son blog, Bottoms Up, est un site de référence. Il est aussi membre fondateur de la revue littéraire Fric Frac Club et a traduit plusieurs livres.

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François Monti es un periodista y escritor belga afincado en Madrid. Colabora en la revista francesa Ginger y en la web Havana Cocteles. Su primer libro en castellano es 'El Gran Libro del Vermut' Ha publicado en Francia 'Prohibitons' y '101 Cocktails'. Lleva el blog Bottoms Up en dos idiomas y escribe para Coctelería Creativa. Es también traductor.



Classique Moderne: le Gin Basil Smash

Si l'Allemagne a longtemps été représentée par la très marquante figure de Charles Schumann, le paysage s'est fort diversifié ces dernières années, à tel point que Berlin est devenu l'une des capitales mondiales du cocktail et que des villes telles que Cologne, Münich ou Hambourg présentent des scènes bar de premier plan. C'est précisément d'Hambourg que nous vient le classique d’aujourd’hui, le Gin Basil Smash, création 2008 d'un des barmen teutons les plus connus internationalement, Jörg Meyer, propriétaire du Lion. C'est un cocktail d'une simplicité enfantine, extrêmement rafraîchissant, idéal pour l'été. Sa place sur cette série Classiques Modernes ne souffre aucune discussion: je l'ai vu sur la carte d'une dizaine de bars ces trois dernières années.

Le smash est un type de boisson qui remonte aux années 40... du XIXe siècle. Il provient directement de cette époque où le cocktail, le fix, le sling étaient des types de boisson très précis. La promiscuité actuelle qui fait de chaque boisson mélangée un cocktail n'était pas encore de mise. Selon Jerry Thomas, le smash est juste un petit julep (il n'y met que 6 cl de spiritueux au lieu de 9). On ne le boit pas sur glace pilée, ni avec des pailles.

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* 60 ml de gin * 20 ml de sirop simple * 25 ml de jus de citron * une bonne poignée de feuilles de basilic (vert ou rouge) Deux façon de préparer: soit mettre un demi citron et le basilic au fond du shaker, puis y aller gaiement au pilon; soit verser 25 ml de jus de citron fraichement exprimé, ajouter le demi citron d'où provient votre jus et le basilic auquel vous avez donné une petite baffe. Quelle que soit la méthode choisie, il s'agira ensuite de verser le reste des ingrédients, ajouter la glace, shaker comme si demain n'existait pas puis verser dans un verre old-fashioned sur glace fraiche et décorer d'un brin de basilic.

En utilisant du basilic plutôt que de la menthe, en optant pour le gin, plus léger et moderne, en utilisant les principes du sour, Meyer fait un clin d'oeil aux origines de la mixologie tout en se tournant vers un présent qui conjugue bar et cuisine. Léger, gourmand, aromatique: un cocktail pour tous.

Cet article fait partie de la série « Classiques modernes » dont vous pouvez lire l’introduction ici. Pour développer cette série, nous avons besoin de votre aide : n’hésitez pas à nous signaler les recettes que vous considérez comme des classiques modernes en commentaire, sur Facebook ou par mail.

François Monti est journaliste spécialisé en cocktails et spiritueux. Il collabore régulièrement à Ginger Magazine et à Havana Cocteles, ainsi qu'à de nombreuses publications. Après la pamphlet 'Prohibitions' en 2014, il publie au printemps 2015 '101 Cocktails'. En Espagne, il est l'auteur de 'El Gran Libro del Vermut'. Il est aussi traducteur. Son blog, Bottoms Up, est un site de référence. Il est aussi membre fondateur de la revue littéraire Fric Frac Club et a traduit plusieurs livres.

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François Monti es un periodista y escritor belga afincado en Madrid. Colabora en la revista francesa Ginger y en la web Havana Cocteles. Su primer libro en castellano es 'El Gran Libro del Vermut' Ha publicado en Francia 'Prohibitons' y '101 Cocktails'. Lleva el blog Bottoms Up en dos idiomas y escribe para Coctelería Creativa. Es también traductor.