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Paris

Paris Cocktail Festival, dimanche 21

Non, Bottoms Up n'est pas partenaire officiel mais on fera comme si...

A vos agendas: de 13h à 20h ce dimanche 21 avril, la dixième édition des Trophées du Bar et la seconde du Paris Cocktail Festival. Le programme détaillé sur le site web.

Pour ceux qui n'en ont pas entendu parler, le Paris Cocktail Festival (unique PCF qui compte encore?) est un événement organisé par Fernando Castellon (Bar Expertise, Larousse des Cocktails et Ginger Magazine). En plus de la finale des Trophées du Bar, le - seul - concours indépendant de l'excellence, on y trouvera de nombreuses choses à même d'intéresser le pro comme l'amateur, éclairé ou débutant.

Les trois grands axes de l'événement sont:

1) Les conférences, données par trois cadors à partir de 15h30:

* Jean-Louis Mastoro, maître de chai Noilly Prat, sur l'élaboration du vermouth * Marian Beke, du Nightjar, sur la décoration du cocktail, et les liens entre le travail de barman et celui de chef * Ago Perrone, du Connaught, sur le travail d'équipe et l'apprentissage grâce aux retours des clients

2) Les ateliers cocktails de 13 à 15h pour vous faire découvrir et vous apprendre à élaborer, dans les règles de l'art, une sélection de cocktails des mains des meilleurs pros du pays.

Le Bristol, Paris La Candelaria, Paris Le Little Red Door, Paris Le Carry Nation, Marseille Le Papa Doble, Montpellier Le Kontiki, Guayne Française Le Forvm, Paris Le Régent, Bordeaux

La liste des cocktails sera révélée plus tard dans la semaine. Cette année, il n'est pas nécessaire de s'inscrire préalablement aux ateliers.

3) L'exposition L'art du cocktail, une sélection des plus belles pièces des collections privées de Fernando Castellon et Mauro Mahjoub. (A noter que certaines pièces seront offertes au public sur base d'un tirage au sort réalisé en fin de journée.)

Si cela ne suffit pas à vous convaincre, sachez que ce n'est pas tout. Le Paris Cocktail Festival vous propose aussi un parcours initiatique animé par les membres de Barnova (techniques, verrerie, produits...), un bar à jus (il n'y a pas que l'alcool dans la vie) et une dégustation de produits vintage (spiritueux et cocktails).

Bref: ce sera plutôt pas mal, d'autant plus qu'on y trouvera aussi des copies de GINGER 1 et 2.

L'entrée est GRATUITE, il suffit de s'inscrire sur le site web pour recevoir son invitation. Si vous êtes à Paris, aucune excuse. Et si vous venez, passez dire bonjour.

Paris Cocktail Festival, Dimanche 21 avril de 13h à 20h au 8 Valois, 8 rue... Valois. http://www.paris-cocktail-festival.com/

François Monti est journaliste spécialisé en cocktails et spiritueux. Il collabore régulièrement à Ginger Magazine et à Havana Cocteles, ainsi qu'à de nombreuses publications. Après la pamphlet 'Prohibitions' en 2014, il publie au printemps 2015 '101 Cocktails'. En Espagne, il est l'auteur de 'El Gran Libro del Vermut'. Il est aussi traducteur. Son blog, Bottoms Up, est un site de référence. Il est aussi membre fondateur de la revue littéraire Fric Frac Club et a traduit plusieurs livres.

*

François Monti es un periodista y escritor belga afincado en Madrid. Colabora en la revista francesa Ginger y en la web Havana Cocteles. Su primer libro en castellano es 'El Gran Libro del Vermut' Ha publicado en Francia 'Prohibitons' y '101 Cocktails'. Lleva el blog Bottoms Up en dos idiomas y escribe para Coctelería Creativa. Es también traductor.



Boire à Paris: Harry's New York Bar - Une dérive

Il y a des jours comme ça. On vous envoie à Paris pour écrire un article, vous vous retrouvez dans la rue vers 15h et vous vous demandez : « what next ? » Bon, le hasard fait que vous êtes à côté du Musée Guimet, qu’il y a une exposition sur les objets du thé et que ça vous intéresse à peu près autant que les objets de la cérémonie du cocktail. Mais après la visite, « what next ? ». Il doit être 16h30, le seul bar ouvert à cette heure-là est le Harry’s New York Bar où vous n’êtes jamais allé. 3,6 km à patte mais vous n’êtes pas à ça près. Evidemment, quelque part entre l’avenue George V et les Champs-Elysées, juste après avoir vu la femme d’un scheik entrer chez Cartier sous la surveillance d’un garde-corps, le ciel vous tombe sur la tête ; vous habitez en Espagne et n’avez donc pas de parapluie ; vous êtes trempé, les chaussures percent (vous habitez en Espagne, vous avez oublié l’existence du verbe « imperméabiliser »). Mais ce n’est pas bien grave : vous voilà enfin à la porte du « Sank Roo Doe Noo ». Il n’y a pas grand monde à l’intérieur, la place au coin du bar, idéale pour tout voir, est libre ; bien sûr, vous commandez un Sidecar, un de ces cocktails dont McElhone et ses héritiers se sont appropriés sur le tard. Mais in Rome… La farce commence. Vous vous rendez compte que pour tout compartiment isotherme où garder les glaçons, il n’y a qu’un évier ; que dans cet évier, il y a ce qui ressemble étrangement à un énorme pot de sauce à friture ; que ce pot a été vidé de sa sauce et rempli de glaçons ; que ce pot, les trois bouteilles qui l’adornent faisant foi, sert en même temps de seau à champagne ; que c’est dans ce pot-seau à sauce que vous espérez, au moins, lavé quelque part entre ketchup et champagne, que le barman va chercher les glaçons de votre Sidecar ; qu’il ne dispose pas de pelle à glace et donc qu’il s’en saisit main nue. A ce moment, vous vous dîtes : c’est pas très classe, mais c’est peut-être rustico-historique. Le Sidecar, en tout cas, est correct. Les cacahuètes sortent, quant à elles, de vous ne savez pas où. Vous ne voulez pas savoir. Vous buvez. Vous observez. Et voilà, de l’autre côté du bar, le barman qui va parler à d’autres clients. Au cours de la conversation, sa main droite rejoint la ceinture, juste au-dessus du postérieur. Vous vous dites « non ». Il ne dit rien, ne se retourne pas, mais sa réponse est sans équivoque : « si ». Quelques doigts s’introduisent subrepticement à l’intérieur du pantalon. Pas beaucoup, juste assez, sans doute, pour remonter ledit pantalon. Et vous regardez donc cette main ressortir, cette main qui, dix minutes plus tôt, prenait, l’air de rien, les glaçons de votre Sidecar dans un pot de sauce devenu seau à champagne. Et là vous vous dites : oui, oui, rustique ; pas du tout classe. Et puis vous vous rappelez deux phrase de Harry dans Barflies and Cocktails : « Do all the work in plain view » et « Above all things be neat ». Vous demandez l’addition, vous payez l’addition. 14 euros. Elle, elle n’a rien de rustique. Mais avec vos chaussures transpercées, vous vous attendiez à quoi ?

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François Monti est journaliste spécialisé en cocktails et spiritueux. Il collabore régulièrement à Ginger Magazine et à Havana Cocteles, ainsi qu'à de nombreuses publications. Après la pamphlet 'Prohibitions' en 2014, il publie au printemps 2015 '101 Cocktails'. En Espagne, il est l'auteur de 'El Gran Libro del Vermut'. Il est aussi traducteur. Son blog, Bottoms Up, est un site de référence. Il est aussi membre fondateur de la revue littéraire Fric Frac Club et a traduit plusieurs livres.

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François Monti es un periodista y escritor belga afincado en Madrid. Colabora en la revista francesa Ginger y en la web Havana Cocteles. Su primer libro en castellano es 'El Gran Libro del Vermut' Ha publicado en Francia 'Prohibitons' y '101 Cocktails'. Lleva el blog Bottoms Up en dos idiomas y escribe para Coctelería Creativa. Es también traductor.



Boire à Paris: Prescription Cocktail Club

A Londres (à Madrid et à Berlin aussi, mais particulièrement à Londres), entre qui veut dans un bar à cocktail. En juillet dernier, on a donc pu voir au Nightjar un goth torse nu (enfin, pas tout à fait : il portait des bretelles) attablé devant un Nightjar Ti Punch. Bien sûr, certains endroits sont plus restrictifs : il y a les clubs privés ou les grands palaces (au Ritz, pas de jeans ; au Savoy, pas de trainers). Entre donc (généralement) qui veut et, surtout, une réservation, c’est sacré. Débarque il y a quelques mois en plein Soho l’Experimental Cocktail Club Chinatown de Romée De Goriainoff, Olivier Bon, Pierre-Charles Cros et Xavier Padovani. Très vite, tout le monde est séduit : excellents cocktails, barmen à l’écoute, équipe en salle accueillante. Mais très rapidement, un hic : il faut parvenir à franchir la porte. Et là, même avec une réservation, c’est pas gagné, comme de nombreuses personnes peuvent en attester. D’un regard, le cerbère sait, booking préalable ou pas, s’il va vous laisser entrer. Of course, la direction se réserve le droit, etc. Mais à Londres, il y a des choses qui passent moins et certains se demandent donc si les cocktails valent vraiment l’humiliation. Trois des quatre propriétaires de l’ECC Chinatown possèdent aussi trois bars parisiens : l’Expérimental, le Curio Parlor et le Prescription. N’étant pas du genre à aimer devoir passer sous les fourches caudines pour un cocktail mais tenant tout de même à essayer autre choses que les classiques (Le Forum, le Harry’s…), j’ai dû prendre le temps d’examiner la question. L’Expérimental était trop loin, beaucoup d’avis sur le Curio Parlor mentionnaient un videur « à séduire » pour entrer, le Prescription devenait la meilleure option, même si un commentaire (positif visiblement) trouvé quelque part disait « bobo barbu s’abstenir » (je ne suis pas un bobo barbu, mon pote par contre…).

N’aimant pas trop perdre mon temps à scruter les entrailles du web parce que je dois choisir le bar que je vais visiter sur une autre base que la simple qualité des cocktails, ce n’est pas très enthousiaste que je me présente au Prescription encore vide (ça vient d’ouvrir). Mais assez vite, mon côté geek reprend le dessus. Le bar, sombre, est élégant ; les barmen accueillants ; les bouteilles sont assez peu nombreuses et bien choisies ; la carte, relativement courte, intéressante. Mais avant d’en venir à l’essentiel, passons au trivial qui fait le sel de la plupart des commentaires en ligne frenchies (qui passent souvent plus de temps à parler de la clientèle que de leur putain de boisson) et causons des paroissiens, de plus en plus nombreux au fil de la soirée – d’ailleurs, mieux vaut arriver tôt si vous voulez avoir vue sur le bar… Et en fait, la population est beaucoup plus variée qu’annoncée ici ou là : étudiants au look d’étudiants, touristes américains au look américain et types avec ces chemises atroces (je ne les décrirai pas pour ne blesser personne) qui crient j’ai-plein-de-thune-mais-j’ai-oublié-de-m’acheter-du-bon-goût… La fameuse élégance parisienne est présente mais à moindre dose que prévu. Cette plaisante diversité se reflète partout : derrière le bar, on peut aussi bien trouver un poilu en trois pièce de tweed ou un tatoué imberbe qui montre son torse musclé (la chef barman n'était pas présente lors de mes visites) ; en salle toutes les serveuses sont jolies mais ça va du franc sourire à la moue faut-bien-passer-par-là-pour-payer-le-cours-florent ; la musique saute de la pop branchée au hiphop, du jazz à l’électro (avouons que ça fait du bien de passer une soirée dans un bar à cocktail sans entendre My favourite things).

Les cocktails – on est quand même là pour ça – valent globalement le déplacement. Les classiques sont en général très bien exécutés. Un Dry Martini impeccable, un excellent Zombie (et c’est très rare !), un Old fashioned ou un Sazerac plus que corrects. Seul le Pegu Club déçoit vraiment : on veut un équilibre entre douceur et acidité propulsé à un autre niveau par les bitters et, ici, tout est un peu plat (précisons tout de même que le Pegu donne du fil à retordre à beaucoup de gens – même celui du Becketts Kopf, bar où tout est parfait, est fort banal). En ce qui concerne les créations du Prescription, elles nous réservent de très belles surprises. Certes, les long-drinks dissimulent plus les alcools qu’ils les mettent en valeur, mais c’est toujours des boissons assez subtiles. Certes, certains cocktails sont peut-être trop complexes (je n’aurais jamais imaginé écrire ça, tiens…). Le Caracas Sazerac est fort bon, mais rhum + cognac + Laphroaig + absinthe + Peychaud’s + bitters d’orange, il y a un moment où le palais ne suit plus… Mais ce que je retiens d’abord et avant tout, c’est que le Prescription m’aura donné deux des plus beaux moments cocktails de l’année. Le Japanese Purgatory (Yamazaki 12, Chartreuse verte, Bénédictine, glaçons rincés au Laphroaig) et La novia del Maguey (à part le mezcal, je ne me souviens pas des ingrédients – Bénédictine je crois, mais encore ?) sont des cocktails d’une ligne très classique avec un twist moderne, complexes mais d’une très grande finesse. Absolument mémorable.

Au Prescription, il manque peut-être un peu de la décontraction et du sens de l’accueil anglais (le « vous voulez 5 verres d’eau ?!? » de la serveuse à une table de 5 personnes, le manque de subtilité dans la relation au pourboire d’un des barmen). Cela mis à part, les cocktails sont à la hauteur des meilleures adresses européennes et il ne fait aucun doute qu’on y retournera vite.

Le succès du groupe derrière le Prescription – ils vont d’ailleurs bientôt ouvrir un nouveau bar, à New York cette fois-ci – souligne en tout cas une tendance qui fait plaisir à voir. Pendant longtemps, à trois adresses près, Paris et la France ne trouvaient pas de place sur la carte mondiale des cocktails alors que des barmen français travaillaient partout dans le monde et souvent dans des bars de référence. Il y a depuis quelques temps un véritable renouveau dans la ville où, après tout, Frank Meier et Harry McElhone connurent leurs plus belles heures, et dans un pays qui continue à énormément donner au monde des spiritueux. Entre le Cocktails Spirits, LMDW Odéon, les ouvertures triomphantes (Candelaria par exemple) à Paris ; la nouvelle génération (Merlet, Ferrand, G’Vine) à Cognac et le travail d’évangélisation d’un Marc Bonneton à Lyon (vainqueur du Bacardi Legacy 2011) ou d’un Guillaume Ferroni à Marseille (pour ne pas mentionner une fois de plus le Montpelliérain), pas de doute : le second âge d’or du cocktail passe lui aussi par la France.

Prescription Cocktail Club, 23, rue Mazarine, 75006 Paris. http://www.prescriptioncocktailclub.com/

François Monti est journaliste spécialisé en cocktails et spiritueux. Il collabore régulièrement à Ginger Magazine et à Havana Cocteles, ainsi qu'à de nombreuses publications. Après la pamphlet 'Prohibitions' en 2014, il publie au printemps 2015 '101 Cocktails'. En Espagne, il est l'auteur de 'El Gran Libro del Vermut'. Il est aussi traducteur. Son blog, Bottoms Up, est un site de référence. Il est aussi membre fondateur de la revue littéraire Fric Frac Club et a traduit plusieurs livres.

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François Monti es un periodista y escritor belga afincado en Madrid. Colabora en la revista francesa Ginger y en la web Havana Cocteles. Su primer libro en castellano es 'El Gran Libro del Vermut' Ha publicado en Francia 'Prohibitons' y '101 Cocktails'. Lleva el blog Bottoms Up en dos idiomas y escribe para Coctelería Creativa. Es también traductor.