Powered by Morgan&Men SEO Consulting - Widget

Peychaud

La mort vous attendait: Absinthe Cocktail

La Première Guerre mondiale, une affaire vite réglée, pense-t-on, lorsque la France entre en guerre le 3 août 1914. Tellement vite, d'ailleurs, que le gouvernement français évacue Paris pendant 5 jours à partir du 29 août... Heureusement pour la République, les boches se foutent (une fois n'est pas coutume) de Paris et préfèrent essayer d'étouffer l'armée française. Comme on le sait, tout ce beau monde s'enfoncera dans les tranchées, ce qui n'empêchera pas les zeppelins fridolins de venir lâcher quelques bombes sur la capitale en janvier 1915. Le moral n'est pas au beau fixe et rappelle sans doute la dernière fois où les frisés sont venus défiler sur les Champs (ne dit-on pas que les arbres y ont été plantés pour qu'ils puissent claquer des bottes bien à l'abri d'un soleil que leur peau supporte mal?) en mars 1871. Or, il se trouve que quelques fins esprits avaient expliqué la déroute de l'armée française de Napoléon, troisième du nom, par son trop fort penchant pour l'absinthe. Quand le spectre moustachu à casque à pointe relève la tête, la fée verte, déjà malmenée au cours des 20 années qui précèdent, sait qu'elle va en prendre pour son grade. Et donc le 16 mars 1915, un mardi, les messieurs bien habillés du parlement votent l'interdiction de la production et de la commercialisation de l'absinthe. Le lendemain, c'est bel et bien fini - pour plus de 90 ans. Ceux que la fée verte ne tuait pas allaient donc pouvoir mourir, ivre de gros rouge qui tache, au bout de la baïonnette aiguisée avec un soin tout teuton par un souabe qui aurait certainement préféré traire sa vache. 

soldats_absinthe

Pour plus de détails sur cette histoire, je me permets de vous renvoyer vers 'Prohibitions'.

A nos moutons donc: l'Absinthe Cocktail. Comme tous les cocktails originaux (et même si celui date apparemment des années 1870), il s'agit simplement d'un spiritueux (l'absinthe dans ce cas-ci), de bitters, de sucre et d'eau. La recette que je vous propose ici vient de 'Famous New Orleans Drinks', guide référence en la matière, dont l'auteur s'appelle Stanley Clisby Arthur (première édition: 1937). Les Etats-Unis ayant dit 'bye bye' à l'absinthe en 1912, les recettes d'Arthur font appel à l'Herbsaint ou autres substituts. Nous avons la chance de pouvoir nous offrir le real deal

absinthe_cocktail

* 45 ml d'absinthe
* 5 à 10 ml de sirop simple (selon l'amertume de votre absinthe)
* 1 trait d'anisette
* 2 traits de Peychaud's Bitters
* 60 ml d'eau pétillante
Dans un verre à mélange rempli au 3/4 de glace pilée, verser tous les ingrédients. Remuer à l'aide de la cuillère jusqu'à ce que la boisson soit parfaitement refroidie. Filtrer dans un verre à cocktail préalablement rafraîchi.

On pourra préférer ajouter l'eau pétillante à la fin. Sans anisette et sans bitters mais préparé au shaker et servi dans un verre rempli de glace pilée, l'on obtient l'Absinthe Frappée. 

Pour plus de cocktails à l'absinthe, je vous recommande 'A Taste for Absinthe' de Winston Guthrie ou, pour les pernophiles, 'Absinthe Pernod' de Julien Escot. La mort vous attend.

amour_mort_absinthe

François Monti est journaliste spécialisé en cocktails et spiritueux. Il collabore régulièrement à Ginger Magazine et à Havana Cocteles, ainsi qu'à de nombreuses publications. Après la pamphlet 'Prohibitions' en 2014, il publie au printemps 2015 '101 Cocktails'. En Espagne, il est l'auteur de 'El Gran Libro del Vermut'. Il est aussi traducteur. Son blog, Bottoms Up, est un site de référence. Il est aussi membre fondateur de la revue littéraire Fric Frac Club et a traduit plusieurs livres.

*

François Monti es un periodista y escritor belga afincado en Madrid. Colabora en la revista francesa Ginger y en la web Havana Cocteles. Su primer libro en castellano es 'El Gran Libro del Vermut' Ha publicado en Francia 'Prohibitons' y '101 Cocktails'. Lleva el blog Bottoms Up en dos idiomas y escribe para Coctelería Creativa. Es también traductor.



Mauvais livre, bonne recette? Le New-Fashioned

Même si seuls quelques-uns se font remarquer, un nombre considérable de nouveaux livres cocktails paraissent chaque année. Règle générale, règle de bon sens : si personne n’en parle, c’est probablement qu’il y a une bonne raison. Mais je ne peux m’empêcher de me pencher sur le sort de ces bouquins abandonnés dans les glaciaux hangars d’Amazon. Qui a entendu parler du World’s Best Cocktails de Tom Sandham, publié en octobre 2012, par exemple ? On y trouvera de nombreuses informations erronées, c’est certain. Mais c’est un ouvrage d’excellente tenue qui propose 500 recettes dont un grand nombre proviennent des meilleurs barmen du moment, interviewés pour l’occasion. Un intéressant cliché de l’époque.

Il y a par contre d’autres titres, comment dire… Je regardais l’autre jour un livre qui proposait des cocktails d’apothicaire, c’est-à-dire préparés, comme à la grande époque où la médecine était peu fiable, pour vous soigner. Ceux qui ouvrent l’appétit, qui éliminent votre mal de tête, qui aident à digérer, à se calmer, à dormir, etc. Petit malaise : le ton de l’auteur nous conduit à penser qu’il croit vraiment son boniment d’herboriste new age. Heureusement, son éditeur nous prévient quand même à la fin qu’il ne s’agit pas de nous faire croire que… ça marche. Et comme les recettes ne sont pas particulièrement attirantes, on passera donc son chemin.

Ce n'est pas drôle, Al.

Dans un tout autre style, je lisais ce matin The Old Fashioned : An Essential Guide to the Original Whiskey Cocktail. Publié par une maison d’édition universitaire, on s’attendait à quelque chose de sérieux mais le livre de Albert W.A. Schmid, un chef, est tout simplement embarrassant. Ce n’est pas tant que l’histoire racontée est très courte (c’est une triste tendance que de vouloir présenter une histoire d’un cocktail ou d’un ingrédient et de n’y consacrer que 20% du volume). C’est tout simplement que Schmid n’a fait que compiler quelques informations disparates qu’il s’est avéré incapable d’analyser et de mettre en perspective. Non seulement on n’y apprend rien, mais en plus il perpétue des mythes et en invente même de nouveaux (le Old-Fashioned, prédécesseur du Mint Julep). On a l’impression de lire un amateur, qui, armé de quelques livres, a décidé de résumer ce qu’ils disaient sur le Old-Fashioned. Incompréhensible qu’une vraie maison d’édition soit derrière ce projet. Un autre livre sur le même thème sortira au printemps prochain. Il sera de la plume de Robert Simonson, correspondant bibine du New York Times ; on s’attend donc à quelque chose d’autrement sérieux.

Mais même un mauvais livre peut parfois donner quelque chose de bon et Schmid réussi à nous intéresser en proposant une (oui, une seule) recette de twist de Old-Fashioned, le New-Fashioned de Xavier Herit, créé au restaurant Daniel, de Daniel Boulud.

l

* 60 ml de rye (100 proof de préférence) * 30 ml de vermouth (Punt e Mes suggéré) * 10 ml de sirop d’érable * 8 gouttes de bitters de pèche * 4 gouttes de bitters Peychaud’s Préparer sur glace au verre à mélange, servir dans un verre à Old-Fashioned sur ice-ball et garnir avec un zeste d’orange et un zeste de citron.

Oui, un Manhattan on the rocks rencontre un Old Fashioned. Nait un New-Fashioned. Le nom n’est pas génial, mais le cocktail est bon. Bien meilleur que le livre dont je le tire.

François Monti est journaliste spécialisé en cocktails et spiritueux. Il collabore régulièrement à Ginger Magazine et à Havana Cocteles, ainsi qu'à de nombreuses publications. Après la pamphlet 'Prohibitions' en 2014, il publie au printemps 2015 '101 Cocktails'. En Espagne, il est l'auteur de 'El Gran Libro del Vermut'. Il est aussi traducteur. Son blog, Bottoms Up, est un site de référence. Il est aussi membre fondateur de la revue littéraire Fric Frac Club et a traduit plusieurs livres.

*

François Monti es un periodista y escritor belga afincado en Madrid. Colabora en la revista francesa Ginger y en la web Havana Cocteles. Su primer libro en castellano es 'El Gran Libro del Vermut' Ha publicado en Francia 'Prohibitons' y '101 Cocktails'. Lleva el blog Bottoms Up en dos idiomas y escribe para Coctelería Creativa. Es también traductor.



Ton Manhattan au céleri: le Fourth Regiment

Pour tout dire, je n'ai rien à vous proposer. C'est la traversée du désert: cela fait plusieurs semaines que je n'ai pas découvert de recette intéressante (aidez-moi!) ni ne suis tombé sur un sujet potentiellement polémique (provoquez-moi!). Je passe trop de temps à lire des bouquins sur les bars et saloons du XVIIIe et XIXe (saviez-vous que dans le Tombstone d'OK Corral, Wyatt Earp buvait peut-être plus de Whiskey Smash que de whiskey tout sec?) pour amasser de la matière bloggable. Heureusement, dans ces cas-là, il suffit parfois de jeter un œil sur les brouillons sauvés il y a longtemps et jamais proposés. Le souci, dans ce cas, c'est que le cocktail en question a été présenté par Jamie Boudreau il y a une grosse semaine et que c'est sans doute old news pour vous tous, petits nerds du cock-tail en ligne. Le Fourth Regiment, donc, essayé en novembre 2011 et parfait pour novembre 2013.

 
(c) www.bottles.com
(c) www.bottles.com
 

Si l'on ne se penche que sur les livres connus, le Fourth Regiment vient du Drinks de Jacques Straub (1914) et se présente comme un Manhattan à parts égales avec Angostura, Orange Bitters et... Celery Bitters plus un twist de citron. Le grand Charles H. Baker Jr., en 1939, nous ressort la même recette, qu'il tient d'un officier anglais stationné à Bombay en 1931 (sexy, la vie de Charles). Une seule différence: le twist est cette fois-ci de citron vert. Le fin observateur se dira deux choses: 1) renommer un cocktail qui est essentiellement un Manhattan et 2) préparer un Manhattan aussi wet, ça fait à peine 1914, pas vraiment 1931 et encore moins 1939. Ce cocktail doit donc être bien plus vieux. Miracle, si vous êtes ce fin observateur, vous aurez raison! L'autre pape (ou, dans son cas, papy) du video cocktail, le très Microsoft Robert Hess nous informe en effet qu'il a trouvé ce cocktail dans une brochure des plus confidentielles appelé Mixed Drinks from the Private Records of a Bartender of the Olden Days. Selon lui, l'auteur du volume était barman vers 1889, époque où, effectivement, le Manhattan n'était pas encore congelé dans sa formule 'deux parts de whiskey pour une part de vermouth' et où le moindre changement d'ingrédient voire de proportion imposait un changement de nom. On aurait donc un cocktail 25 ans plus vieux que ce que l'on pourrait croire en se basant sur la 'bibliographie' officielle. Différence de taille entre les recettes, celle trouvée par Robert Hess nous propose des bitters Peychaud's plutôt que de l'Angostura (Straub avait sans doute une préférence pour ces derniers bitters car même son Sazerac -- ou 'Zazarac' -- fait l'impasse sur les Peychaud's). Optons pour le Peychaud's, non pas parce que ce serait 'historiquement correct' mais bien car c'est ça et les bitters de céleri qui nous entraînent sur de délicieux chemins éloignés d'un 'simple' Manhattan.

4thregiment.jpg

* 45 ml de rye * 45 ml de vermouth doux * 1 trait de Peychaud's * 1 trait d'Orange Bitters * 1 trait de Celery Bitters Au verre à mélange, servir 'up' dans une verre à cocktail, garnir d'un twist de citron

Tout ceci est assez splendide, surtout cette note salée apportée par le céleri, même si on n'atteint pas la perfection formelle et gustative d'un vrai Manhattan. Vous souvenez-vous que Charles H. Baker Jr. nous parlait, très curieusement, d'un twist de citron vert? Une idée, piquée je ne sais plus où, pour donner plus de fraîcheur à votre Fourth Regiment: un zeste de citron dans le verre à mélange et puis un zeste de citron vert comme garnish. Tout ceci est très beau, les amis.

François Monti est journaliste spécialisé en cocktails et spiritueux. Il collabore régulièrement à Ginger Magazine et à Havana Cocteles, ainsi qu'à de nombreuses publications. Après la pamphlet 'Prohibitions' en 2014, il publie au printemps 2015 '101 Cocktails'. En Espagne, il est l'auteur de 'El Gran Libro del Vermut'. Il est aussi traducteur. Son blog, Bottoms Up, est un site de référence. Il est aussi membre fondateur de la revue littéraire Fric Frac Club et a traduit plusieurs livres.

*

François Monti es un periodista y escritor belga afincado en Madrid. Colabora en la revista francesa Ginger y en la web Havana Cocteles. Su primer libro en castellano es 'El Gran Libro del Vermut' Ha publicado en Francia 'Prohibitons' y '101 Cocktails'. Lleva el blog Bottoms Up en dos idiomas y escribe para Coctelería Creativa. Es también traductor.



C'est que du vermouth: le Old Hickory Cocktail

Il y a quelques jours dans le Difford’s de la semaine, l’excellent Naren Young, en charge d’un bar de restaurant à New York, expliquait qu’il était absurde de vouloir proposer des cocktails mélangeant bitters, Chartreuse et Laphroaig à des clients qui venaient pour dîner. Cette remarque, marquée au coin du bon sens, m’a fait penser à un cocktail que j’avais bu quelques jours plus tôt et qui trouverait parfaitement sa place sur la carte d’un restau. Excellent apéritif, léger, presque pour conducteur : le Old Hickory Cocktail. Un vendredi vers 19h, avouez que ça tombe bien…

  • 4 cl de vermouth doux
  • 4 cl de vermouth sec
  • 2 traits de bitters Peychaud’s
  • 1 trait de bitters d’orange

Verser les ingrédients dans un verre à mélange, remuer à la cuillère sur glace. Servir dans un verre à cocktail, garnir d’un twist de citron

On trouve cette recette dans Famous New Orleans Drink de Stanley Clisby Arthur. Il nous explique que « Old Hickory » était le surnom d’Andrew Jackson, septième président des Etats-Unis. Général avant d’être élu à la Maison-blanche, ses soldats lui auraient décerné ce nom de guerre en raison de sa dureté au combat (l’hickory est une sorte de noyer particulièrement robuste). Héros de la défense de La Nouvelle-Orléans lors de la guerre de 1812 contre le Royaume-Uni, on dit que ce cocktail était sa boisson préférée. C’est ici que les problèmes commencent (ceux qui ont lu mon article sur la difficile étude de l’histoire du cocktail me comprendront) : Andrew Jackson est mort en 1845, y avait-il seulement du vermouth aux Etats-Unis à cette date ? C’est loin d’être certain… Peut-être est-ce tout simplement un cocktail qui nous vient d’un restaurant nommé en l’honneur d’Andrew Jackson ? Il y aurait eu un Old Hickory restaurant à quelques pas du bar de Henry Ramos à La Nouvelle-Orléans (mais ça aussi, c’est loin d’être certain). Bref, quoi qu’il en soit et comme le disait Stanley C. Arthur, ce qui est par contre certain c’est que ce très bon breuvage n’est pas dur comme un hickory, lui. (Le choix d’un cocktail de La Nouvelle-Orléans n’est pas dû au hasard. Explication sous peu).

François Monti est journaliste spécialisé en cocktails et spiritueux. Il collabore régulièrement à Ginger Magazine et à Havana Cocteles, ainsi qu'à de nombreuses publications. Après la pamphlet 'Prohibitions' en 2014, il publie au printemps 2015 '101 Cocktails'. En Espagne, il est l'auteur de 'El Gran Libro del Vermut'. Il est aussi traducteur. Son blog, Bottoms Up, est un site de référence. Il est aussi membre fondateur de la revue littéraire Fric Frac Club et a traduit plusieurs livres.

*

François Monti es un periodista y escritor belga afincado en Madrid. Colabora en la revista francesa Ginger y en la web Havana Cocteles. Su primer libro en castellano es 'El Gran Libro del Vermut' Ha publicado en Francia 'Prohibitons' y '101 Cocktails'. Lleva el blog Bottoms Up en dos idiomas y escribe para Coctelería Creativa. Es también traductor.



Et on en fait quoi, du Beefeater 24?

Certaines semaines sont plus dures que d'autres, moins le temps pour expérimenter et écrire. Je n'hésite donc pas à vilement profiter de la semaine Beefeater d'Extraterrien pour proposer deux recettes pour le Beefeater 24, à mon sens plus beau produit de la gamme -- je ne suis pas très amateur du Beefeater normal, je dois dire. Vous allez dire que je suis un peu paresseux car en plus de piquer le thème à un autre, les deux cocktails qui suivent sont des signature drinks Beefeater 24 et non des concoctions trouvées et testées au cours de pérégrinations virtuelles ou physiques. Mais elles sont belles et distinctes, ces recettes, et répondent d'une certaine façon à ceux qui se plaignent que je présente uniquement des boissons rougeâtres et plutôt sèches et / ou amères. Dans les deux cas, il s'agit de cocktails que vous pouvez offrir sans peur au vandale qui débarque chez vous et vous dit "c'est que moi, tu vois, les alcools, c'est un peu fort". Civilisez le barbare dans vos connaissances.

*

Commençons, à tout seigneur tout honneur, par le twist Martini imaginé tout spécialement par Dan Warner, le global brand ambassador de Beefeater pour le 24 et très originalement nommé le 24 Martini. Mr. Warner remplace le vermouth par du Lillet (apéritif bordelais, comme l'Extraterrien, tiens...) et le twist de citron par un twist de pamplemousse qui permet de jouer sur ses notes très présentes dans le gin. Plus léger et moins sec qu'un "vrai" Martini, c'est une très belle variation que je pensais vous présenter dans un article sur Les autres Martini qui devait suivre le Martini Showdown d'il y a quelques mois. Hélas, mille fois hélas, je n'ai pas pris le temps de m'y mettre. La vie...

* 2 parts de Beefeater 24 * 1 part de Lillet blanc * 2 ou 3 traits de bitters d'orange Au verre à mélange, sur glace, bien remuer à la cuillère, verser dans un verre à cocktail et décorer d'un zest de pamplemousse.

*

Du Londres de Warner passons au Santa Fé de Chris Milligan et à son Basil-ica. Comme son nom l'indique, le basilic joue un grand rôle et si on peut avoir peur d'un côté trop sucré (sirop + St Germain), les bitters redressent la balance même si, au final, l'ingrédient essentiel est le jus de citron. Il faut, pour bien faire, un bon citron bien acide. Sinon, c'est la cata et même diminuer la quantité de sirop ne vous sauvera pas. Mais avec les bons ingrédients, le cocktail est plutôt excellent et, comme toujours, basilic + citron, c'est un combo de winner.

* 4 parts de Beefeater 24 * 1 part de sirop simple * 1 part de St Germain * 1 part de jus de citron * 1 trait de bitters d'orange * 1 trait de Peychaud's * 4 feuilles de basilic Dans un shaker, ajouter le citron, le sirop et le basilic. Piler sans trop forcer, ajouter le reste des ingrédients et remplir des glaçons. Agiter un bon coup. Verser dans un verre à cocktail en double-filtrant (sauf si vous aimez voir des morceaux de basilic flotter à la surface). Garnir d'un twist d'orange.

François Monti est journaliste spécialisé en cocktails et spiritueux. Il collabore régulièrement à Ginger Magazine et à Havana Cocteles, ainsi qu'à de nombreuses publications. Après la pamphlet 'Prohibitions' en 2014, il publie au printemps 2015 '101 Cocktails'. En Espagne, il est l'auteur de 'El Gran Libro del Vermut'. Il est aussi traducteur. Son blog, Bottoms Up, est un site de référence. Il est aussi membre fondateur de la revue littéraire Fric Frac Club et a traduit plusieurs livres.

*

François Monti es un periodista y escritor belga afincado en Madrid. Colabora en la revista francesa Ginger y en la web Havana Cocteles. Su primer libro en castellano es 'El Gran Libro del Vermut' Ha publicado en Francia 'Prohibitons' y '101 Cocktails'. Lleva el blog Bottoms Up en dos idiomas y escribe para Coctelería Creativa. Es también traductor.