Powered by Morgan&Men SEO Consulting - Widget

Pimms

Pimm's (Up Yours!)

Si vous tenez à l'œil les îles britanniques, vous savez sans aucun doute que toutes les marques d’alcool qui font du business par là ont bombardé les boîtes mails de tous les gens qui travaillent dans l’industrie afin de leur proposer des recettes de cocktails pour célébrer le fameux événement du jour. Je ne vous dirai pas de quoi il s’agit. Un indice : un robe d’un blanc virginal que l’on veut croire ironique, un autel et beaucoup, beaucoup trop de bruit pour pas grand-chose. On espère juste pour eux que ça ne finira pas Pont de l’Alma.

Passons. Je ne suis pas assez républicain pour crier « à l’échafaud » mais disons que je sais qu’un petit verre sert autant à célébrer qu’à oublier. Que vous soyez devant vos téléviseurs (et franchement, j’espère que ce n’est pas le cas) ou que vous ayez, comme moi, envie de vous éloigner du bruit du monde, une modeste proposition pour noyer le poisson : le Pimm’s Up. Je l’avais déjà mentionné il y a quelques semaines : découvert dans un bar de Madrid, adapté d’un bar de La Nouvelle Orléans, il s’agit d’une version « courte » d’un Pimm’s Cup, ce superbe long drink probablement très populaire aujourd’hui même du côté de St James Park. Plus fort, plus puissant, plus canaille : de quoi se démarquer sans dessoûler.

* 3 cl de Genièvre * 3 cl de Pimm’s * 2,25 cl de jus de citron vert * 2,25 cl de jus de citron * 3 traits de Bitters de Céleri

Le tout dans un shaker d’argent (noblesse oblige), on agite bien sur glace et puis hop dans un verre à cocktail avec un twist d’orange.

Pimm’s est un produit à base gin, les agrumes et le céleri sont des ingrédients classiques d’un Pimm’s Cup. Évidemment, c’est comme un concentré de limonade qui fera faire trois tours à votre caleçon. Caution : il vous faut des citrons de première qualité pour éviter que votre cocktail soit trop acide. Les bitters sont absolument essentiels pour équilibrer le goût. N’hésitez pas.

Si vous êtes vraiment monarchiste tendance légaliste, je vous propose le Dubonnet Cocktail, breuvage préféré de la défunte Reine Mère. Parts égales de Dubonnet et de gin, up, twist de citron. C’est moins funky, évidemment. Notons que la matriarche avait un penchant prononcé pour la bibine ; pour elle, le Dubonnet, ce n’était pas de l’alcool. Le correspondant royal disait d’elle qu’elle avait « une inextinguible soif de vie, pour ainsi dire ». Pour ainsi dire, in-fuckin-deed.

François Monti est journaliste spécialisé en cocktails et spiritueux. Il collabore régulièrement à Ginger Magazine et à Havana Cocteles, ainsi qu'à de nombreuses publications. Après la pamphlet 'Prohibitions' en 2014, il publie au printemps 2015 '101 Cocktails'. En Espagne, il est l'auteur de 'El Gran Libro del Vermut'. Il est aussi traducteur. Son blog, Bottoms Up, est un site de référence. Il est aussi membre fondateur de la revue littéraire Fric Frac Club et a traduit plusieurs livres.

*

François Monti es un periodista y escritor belga afincado en Madrid. Colabora en la revista francesa Ginger y en la web Havana Cocteles. Su primer libro en castellano es 'El Gran Libro del Vermut' Ha publicado en Francia 'Prohibitons' y '101 Cocktails'. Lleva el blog Bottoms Up en dos idiomas y escribe para Coctelería Creativa. Es también traductor.



Pimm's Up & Charleston

En attendant de vous raconter l’histoire de l’Allemand qui me vociférait des ordres ou celle de la Russe qui se plaignait de la laideur des clients d’un bar, permettez moi d’inaugurer cette section par quelques notes sur quelques boissons récemment découvertes loin du confort du foyer. Façon de parler bien sûr, d’autant plus que l’essentiel de ces nouveautés m’ont été présentées à la maison loin de la maison

C’était jeudi et Dieu que c’était calme… Pendant le mois de décembre, trouver un siège au bar – même à 17h – était mission impossible. Descendu l’escalier qui mène au sous-sol, j’ai eu le choix de l’endroit (au coin du bar, vue en diagonale sur ce qui se trame derrière et dans la salle) et, mieux encore, j’ai pu tranquillement causer avec les bartenders. Peut-être l’âge me rattrape-t-il avant l’heure mais je vous suggère de faire comme moi : optez pour l’heure et le jour où il y aura moins de monde. De bonnes surprises vous attendent.

Leurs formes étaient diverses. J’ai enfin pu découvrir El Presidente sous une de ses nombreuses facettes (la recette varie, me dit-on, bien plus fort qu’on le croit) et, grâce à un ami cubain, il est question d’en explorer les variations jusqu’à plus soif. Le même Cubain m’a aussi proposé l’énième version du Mistico, un de ses créations (Genièvre, pamplemousse, Mandarine Napoléon, Elixir végétal etc). Petit à petit, mon petit doigt me dit qu’il se rapproche de la recette définitive. J’ai aussi pu découvrir le Penicillin qui devrait éveiller l’appétit (et l’intérêt) de tous les amateurs de whisky : sur une base de whisy (un blend), jus de citron et sirop de miel / gingembre, il faut ajouter un doigt d’Isley (Laphroaig dans ce cas-ci, mais d’autres tourbeux feront l’affaire). Non, utiliser un single malt dans un cocktail n’est pas un crime : la preuve était dans mon verre. Le Laphroaig, pour autant que ce soit équilibré, donne un côté fumé somptueux qui ne déstabilise pas mais au contraire améliore ce qui, sans lui, aurait juste été une variation de plus de la formule d’un sour.

Mais la révélation de la soirée était à chercher ailleurs, elle m’est d’ailleurs parvenue  sous la forme du premier cocktail commandé : le Pimm’s Up. Imaginez un Pimm’s Cup,  symbole devant l’éternel de l’Angleterre posh, des greens de Wimbledon et du Oval de Kennington, en version 12 cl, sans limonade et avec du genièvre pour lui donner force et vigueur… Cette petite merveille viendrait au départ d’un bar de La Nouvelle Orléans. Le mélange, délicieux, est dangereux : trompés par la saveur et les ingrédients familiers, vous le terminerez en deux longues gorgées puis en redemanderez un deuxième et qui sait où vous vous arrêterez… J’ai réussi à arraché des mains de la bartender les proportions exactes. On en reparlera.

*

Samedi, de manière exceptionnelle (règle générale : je ne bois qu’un jour par semaine, promis craché), une visite éclair ailleurs. Jusqu’ici, j’avais été déçu par ce bar ; cette fois, ça s’est nettement mieux passé. Le Old-Fashioned était passable et le Marmelade de Bourbon (la marmelade était d’orange amère, le curaçao d’orange, le jus d’orange et le bourbon… euh… de bourbon j’imagine) était un poil orangé mais fort agréable. La star du show se cachait sous le très commun nom de Charleston et je n’y aurais pas pensé si une amie ne l’avait pas demandé. Elle avait tellement raison qu’une fois essayé, nous en avons illico redemandé deux. Présenté comme plaisant aux amateurs du Sazerac, il nous a plutôt rappelé l’omniprésent Old-Fashioned. Je n’ai pas la recette, vous devrez donc me croire sur parole si je vous dis que c’était délicieux, un bon équilibre de saveurs légèrement sucrées et herbacées. Ou tentez de recréer quelque chose de potable à partir de Rye (whisky de seigle), d’Élixir végétal de Chartreuse, de Cola Tonic (si j’ai bien compris, infusion de kola – la plante – dans du tonic) et de confiture de mûre. Servi on the rocks ou plutôt the rock : un de ces gros glaçons à la japonaise…

François Monti est journaliste spécialisé en cocktails et spiritueux. Il collabore régulièrement à Ginger Magazine et à Havana Cocteles, ainsi qu'à de nombreuses publications. Après la pamphlet 'Prohibitions' en 2014, il publie au printemps 2015 '101 Cocktails'. En Espagne, il est l'auteur de 'El Gran Libro del Vermut'. Il est aussi traducteur. Son blog, Bottoms Up, est un site de référence. Il est aussi membre fondateur de la revue littéraire Fric Frac Club et a traduit plusieurs livres.

*

François Monti es un periodista y escritor belga afincado en Madrid. Colabora en la revista francesa Ginger y en la web Havana Cocteles. Su primer libro en castellano es 'El Gran Libro del Vermut' Ha publicado en Francia 'Prohibitons' y '101 Cocktails'. Lleva el blog Bottoms Up en dos idiomas y escribe para Coctelería Creativa. Es también traductor.