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St-Germain

Et on en fait quoi, du Beefeater 24?

Certaines semaines sont plus dures que d'autres, moins le temps pour expérimenter et écrire. Je n'hésite donc pas à vilement profiter de la semaine Beefeater d'Extraterrien pour proposer deux recettes pour le Beefeater 24, à mon sens plus beau produit de la gamme -- je ne suis pas très amateur du Beefeater normal, je dois dire. Vous allez dire que je suis un peu paresseux car en plus de piquer le thème à un autre, les deux cocktails qui suivent sont des signature drinks Beefeater 24 et non des concoctions trouvées et testées au cours de pérégrinations virtuelles ou physiques. Mais elles sont belles et distinctes, ces recettes, et répondent d'une certaine façon à ceux qui se plaignent que je présente uniquement des boissons rougeâtres et plutôt sèches et / ou amères. Dans les deux cas, il s'agit de cocktails que vous pouvez offrir sans peur au vandale qui débarque chez vous et vous dit "c'est que moi, tu vois, les alcools, c'est un peu fort". Civilisez le barbare dans vos connaissances.

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Commençons, à tout seigneur tout honneur, par le twist Martini imaginé tout spécialement par Dan Warner, le global brand ambassador de Beefeater pour le 24 et très originalement nommé le 24 Martini. Mr. Warner remplace le vermouth par du Lillet (apéritif bordelais, comme l'Extraterrien, tiens...) et le twist de citron par un twist de pamplemousse qui permet de jouer sur ses notes très présentes dans le gin. Plus léger et moins sec qu'un "vrai" Martini, c'est une très belle variation que je pensais vous présenter dans un article sur Les autres Martini qui devait suivre le Martini Showdown d'il y a quelques mois. Hélas, mille fois hélas, je n'ai pas pris le temps de m'y mettre. La vie...

* 2 parts de Beefeater 24 * 1 part de Lillet blanc * 2 ou 3 traits de bitters d'orange Au verre à mélange, sur glace, bien remuer à la cuillère, verser dans un verre à cocktail et décorer d'un zest de pamplemousse.

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Du Londres de Warner passons au Santa Fé de Chris Milligan et à son Basil-ica. Comme son nom l'indique, le basilic joue un grand rôle et si on peut avoir peur d'un côté trop sucré (sirop + St Germain), les bitters redressent la balance même si, au final, l'ingrédient essentiel est le jus de citron. Il faut, pour bien faire, un bon citron bien acide. Sinon, c'est la cata et même diminuer la quantité de sirop ne vous sauvera pas. Mais avec les bons ingrédients, le cocktail est plutôt excellent et, comme toujours, basilic + citron, c'est un combo de winner.

* 4 parts de Beefeater 24 * 1 part de sirop simple * 1 part de St Germain * 1 part de jus de citron * 1 trait de bitters d'orange * 1 trait de Peychaud's * 4 feuilles de basilic Dans un shaker, ajouter le citron, le sirop et le basilic. Piler sans trop forcer, ajouter le reste des ingrédients et remplir des glaçons. Agiter un bon coup. Verser dans un verre à cocktail en double-filtrant (sauf si vous aimez voir des morceaux de basilic flotter à la surface). Garnir d'un twist d'orange.

François Monti est journaliste spécialisé en cocktails et spiritueux. Il collabore régulièrement à Ginger Magazine et à Havana Cocteles, ainsi qu'à de nombreuses publications. Après la pamphlet 'Prohibitions' en 2014, il publie au printemps 2015 '101 Cocktails'. En Espagne, il est l'auteur de 'El Gran Libro del Vermut'. Il est aussi traducteur. Son blog, Bottoms Up, est un site de référence. Il est aussi membre fondateur de la revue littéraire Fric Frac Club et a traduit plusieurs livres.

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François Monti es un periodista y escritor belga afincado en Madrid. Colabora en la revista francesa Ginger y en la web Havana Cocteles. Su primer libro en castellano es 'El Gran Libro del Vermut' Ha publicado en Francia 'Prohibitons' y '101 Cocktails'. Lleva el blog Bottoms Up en dos idiomas y escribe para Coctelería Creativa. Es también traductor.



Jason Wilson ne voyage certainement plus droit

A dix-huit ans, j’ai commencé à recevoir des cd’s à la maison pour que je les chronique. Je croyais alors qu’il s’agissait du meilleur métier du monde. Puis sont arrivés les skeuds non demandés, les trucs de merde qu’il fallait quand même recenser plus ou moins positivement parce qu’on voulait recevoir le paquet suivant. A vingt-trois ans, j’ai commencé à recevoir des romans à la maison. Bis repetita placent. Il y a quelques semaines, j’ai lu Boozehound, le livre de Jason Wilson et, que nos foies, nos panses et nos compagnes nous pardonnent, mais je crois vraiment qu’il a le meilleur métier du monde. Voyez-vous, monsieur Wilson est l’homme que le Washington Post a choisi pour s’occuper de la section alcool du journal. Echantillons à la maison, voyages sur le terrain et une certaine liberté… Faut vous faire un dessin ?

Wilson doit sa passion alcoolique a une bouteille de Sambuca oubliée sous l’évier de ses parents. Comme quoi, même de nulle part, on arrive à tout. Sa révélation cocktail, quant à elle, a eu lieu alors qu’il était à l’université : un ami septuagénaire l’emmena au bar d’un hôtel, commanda un Stinger (crème de menthe ? Comme quoi…) et voilà.  Beaucoup de bouteilles de Fernet Branca ont été vidées depuis.

Sous une forme ou une autre, la plupart des textes repris dans ce volume ont été publiés ailleurs. Presque tous sont basés sur un ou plusieurs voyages de recherche. Le périple de Wilson dans le nord de l’Italie est particulièrement enrichissant, mais on retiendra surtout deux chapitres importants : celui sur le terroir et celui sur le « romantisme » des marques. A part en France, la notion de terroir pour les spiritueux a tardé à se répandre. De Jalisco au Pérou en passant par les champs de patate suédoises de la vodka Karlsson, Wilson présente les efforts – pas toujours remplis de succès – des producteurs pour mettre en valeur dans leurs alcools les richesses de leur terre. On est loin des entrepreneurs qui se vantent d’importer l’eau d’Islande ou la quinine de Bolivie et ça fait du bien. Plus marrant et non moins essentiel, Wilson consacre quelques pages à examiner les mythes romantiques associés à certaines liqueurs (« seuls trois moines en connaissent la recette », « les fleurs sont récoltés par des hommes à vélo et en béret », « si ce ne sont pas des vierges chinoises qui détachent les feuilles de l’arbuste, le résultat sera médiocre », ce genre d’histoires). Le cas emblématique ici serait celui de St-Germain, liqueur super « frenchy » pensée, conçue et produite sur ordres de l’héritier d’une compagnie de Philadelphie (oui, aux Etats-Unis – ce qui ne surprendra personne ayant lu les textes « français » qui accompagne le produit).

A part de rares erreurs (le genièvre n’est pas un produit exclusivement hollandais), Boozehound faiblit parfois quant Wilson évoque des souvenirs personnels (trop de « cette fille, cette bouteille, ce moment qui s’échappe ») même s’ils servent aussi à rappeler que, comme nous, Wilson est d’abord un amateur de bons alcools et des moments de convivialité qu’ils accompagnent.  Ceci ne diminue en rien les véritables qualités de ce livre. En plus d’excellents reportages, il nous offre plus de cinquante recettes (dont un bon nombre sont superbes) et surtout une voix indépendante qui n’a pas peur de déranger (on imagine que les négociants en cognac ne sont pas particulièrement heureux de certains de ses commentaires). Enfin, on ressort de cette lecture avec une vision plus claire et une appréciation plus grande du monde des spiritueux en ce début de 21e siècle.

Jason Wilson, Boozehound, on the trail of the rare, the obscure and the overrated in spirits, Ten Speed Press, $22.99 Le site officiel de Jason Wilson: http://jasonwilson.com/index.html

François Monti est journaliste spécialisé en cocktails et spiritueux. Il collabore régulièrement à Ginger Magazine et à Havana Cocteles, ainsi qu'à de nombreuses publications. Après la pamphlet 'Prohibitions' en 2014, il publie au printemps 2015 '101 Cocktails'. En Espagne, il est l'auteur de 'El Gran Libro del Vermut'. Il est aussi traducteur. Son blog, Bottoms Up, est un site de référence. Il est aussi membre fondateur de la revue littéraire Fric Frac Club et a traduit plusieurs livres.

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François Monti es un periodista y escritor belga afincado en Madrid. Colabora en la revista francesa Ginger y en la web Havana Cocteles. Su primer libro en castellano es 'El Gran Libro del Vermut' Ha publicado en Francia 'Prohibitons' y '101 Cocktails'. Lleva el blog Bottoms Up en dos idiomas y escribe para Coctelería Creativa. Es también traductor.



Yellow Jacket

Je me suis réveillé l'autre jour en me disant qu'il était peut-être temps de proposer un cocktail à base de Tequila. C'est un alcool que je ne connais pas bien, d'autant plus que, comme tant d'entre nous, j'ai conservé un très mauvais souvenir de ces shots téquila-lime-sel. Bien entendu, toute réticence initiale est oubliée rien qu'à sentir la complexité d'un bon reposado...

Cherchant un cocktail intéressant et pas trop représentatif des recettes les plus typiques utilisées avec l'alcool mexicain, je suis tombé sur le Yellow Jacket dans Speakeasy, le livre publié par les proprios du Employees Only de New York. C'est un beau livre particulièrement utile pour les recettes de cordials, de sirops, d'infusions reprises à la fin, mais les cocktails essayés jusqu'ici ne m'ont pas toujours convaincu. J'étais un peu hésitant avant de me lancer dans celui-ci; c'est l'opportunité de de pouvoir utiliser ma bouteille de Chartreuse jaune qui a vaincu mes réticences. Pas de regrets.

* 2 onces de Tequila Reposado * 1 once de St-Germain * 3/4 once de Chartreuse jaune * 1 trait de bitters d'orange En verre à mélange, verser dans verre à cocktail, garnir d'un twist de citron

Il s'agit d'un très beau mix de téquila vieillie en fût, de liqueur de sureau et des notes herbacées de la chartreuse jaune. Fort équilibré, la chartreuse ne domine (si on avait utilisé la chartreuse verte, l'histoire aurait été différente...) et le St-Germain se fait remarquer entre les autres ingrédients, semble les unir et adoucir ce qui aurait pu être une boisson assez "agressive". Même avec un seul trait, les bitters d'orange se font remarquer et le twist de citron ajoute une touche fraîche qui est bienvenue. Un cocktail surprenant et très réussi.

François Monti est journaliste spécialisé en cocktails et spiritueux. Il collabore régulièrement à Ginger Magazine et à Havana Cocteles, ainsi qu'à de nombreuses publications. Après la pamphlet 'Prohibitions' en 2014, il publie au printemps 2015 '101 Cocktails'. En Espagne, il est l'auteur de 'El Gran Libro del Vermut'. Il est aussi traducteur. Son blog, Bottoms Up, est un site de référence. Il est aussi membre fondateur de la revue littéraire Fric Frac Club et a traduit plusieurs livres.

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François Monti es un periodista y escritor belga afincado en Madrid. Colabora en la revista francesa Ginger y en la web Havana Cocteles. Su primer libro en castellano es 'El Gran Libro del Vermut' Ha publicado en Francia 'Prohibitons' y '101 Cocktails'. Lleva el blog Bottoms Up en dos idiomas y escribe para Coctelería Creativa. Es también traductor.