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Vermouth sec

Le Martini de Billy

Même lorsque Billy Wilder réalisait avec 'The Lost Weekend' (admirez au passage le titre français moralisateur: 'Le Poison') l’un des meilleurs films sur l’alcoolisme, il ne pouvait s’empêcher de lancer une petite pique aux régulateurs les plus acharnés: « la prohibition c’est ça qui les a tous menés à la boisson », entend-on a un moment. Bien sûr, on se souvient également du mythique Manhattan de Marilyn dans ‘Certains l’aiment chaud’ ou des innombrables Martini de ‘La garçonnière’ (vf un poil plus directe que l’original). Et on trouve dans son livre d’entretien avec Cameron Crowe, alors qu’il avait plus de 90 ans, un commentaire que j’aime particulièrement quand il répond à la question de la consommation d’alcool sur et autour des plateaux en plein âge d’or d’Hollywood (ma traduction et paraphrase):

« On servait dans les bars un centaine de boissons différentes. Aujourd’hui, personne ne boit. Ils boivent de la vodka, du gin, du scotch, c’est tout. (…) Mais avant, il y avait des… Sidecars. C’était le nom d’une boisson. Cela ne nous semblait pas important [que quelqu’un boive au déjeuner sur les tournages]. Je n’étais pas saoul mais je buvais un Martini. »
— Billy Wilder

 

Que Wilder considère que boire de l’alcool pur plutôt qu’un cocktail n’est pas vraiment boire n’est pas la moindre des raisons d’apprécier ce passage. Lui est resté fidèle toute sa vie au Martini. Pour preuve, son épouse Audrey avait confié sa recette à Crowe:

Bien que Wilder constatât ainsi que le temps avait éloigné les gens du cocktail en général, il n’était pas lui-même immunisé aux effets de la mode. Pour preuve, son passage à la vodka. A sa décharge, Audrey souligne, fort à propos, que même s’ils n’en utilisent que huit traits « le Noilly Prat est essentiel ». La vie de Wilder a été longue (1906-2002). Il en aura donc bu, des Martinis. En voici trois qu’il aurait pu découvrir de son vivant et qu’il aurait pu boire s’il avait été aussi créatif rayon boisson que rayon scénario. Des recettes, aussi, qui auraient permis de redécouvrir les possibilités du Martini que la vodka avait peut-être fait oublier. On aurait aimé voir ‘Bud’ Baxter, Sugar ‘Kane’, Nora Desmond, Phyllis Dietrichson ou Joe Gillis s’en délecter.

Racquet Club Cocktail

Un twist du Dry Martini avant (1891) que le Dry Martini ne devienne le Dry Martini (1904), le Racquet Club ajoute juste une cuillère de crème de cacao blanche (et rien de plus). Pour tous ceux qui veulent un Martini vraiment « sec », on en trouve deux pour qui même un Dry Martini raisonnable reste trop fort. Ces quelques millilitres de liqueur arrondissent les angles et apportent une touche légèrement chocolatée et gourmande qui fait merveille. Sabrina Fairchild aurait approuvé, certainement.

* 60 ml de gin London Dry
* 30 ml de vermouth sec
* 1 cuillère à mélange de crème de cacao blanche
* 2 traits de bitters d'orange

Préparer au verre à mélange, servir dans un verre à cocktail refroidi et garnir d’un twist de citron

Merry Widoo

OK, vous avez raison, c’est sans doute Merry Widow. Mais cette recette a été publiée à Cuba en 1924, l’année où Wilder pouvait enfin boire légalement, et disons que les coquilles dues aux prononciations compliquées sont nombreuses. D’autres cocktails portant le même nom sont des recettes low proof, à base de vermouths uniquement. Le Merry Widoo (sic) cubain prend quant à lui des formes de Martinez francisé: vermouth français et Bénédictine à la place de maraschino. Et de l’absinthe, pour une touche très 1890.

* 45 ml de gin London Dry
* 45 ml de vermouth sec
* 1 trait d'Angostura
* 2 traits de Bénédictine (5 ml)
* 2 traits d'absinthe

Préparer au verre à mélange, servir dans un verre à cocktail refroidi et garnir d’un twist de citron

Brucart Cocktail

Contrairement à nombre de ses contemporains, Wilder n’a pas tourné de film en Espagne. C’est dommage car il aurait peut-être découvert chez Jacinto Sanfeliu (le grand nom oublié du cocktail espagnol, relégué à l’obscurité par Chicote) un Martini tout ce qu’il y a de plus sec mais préparé avec un amontillado plutôt qu’un vermouth. 

* 90 ml de gin London Dry
* 10 ml de Xérès amontillado

Préparer au verre à mélange, servir dans un verre à cocktail refroidi et exprimer un zeste de citron à la surface, sans le déposer dans le verre.

François Monti est journaliste spécialisé en cocktails et spiritueux. Il collabore régulièrement à Ginger Magazine et à Havana Cocteles, ainsi qu'à de nombreuses publications. Après la pamphlet 'Prohibitions' en 2014, il publie au printemps 2015 '101 Cocktails'. En Espagne, il est l'auteur de 'El Gran Libro del Vermut'. Il est aussi traducteur. Son blog, Bottoms Up, est un site de référence. Il est aussi membre fondateur de la revue littéraire Fric Frac Club et a traduit plusieurs livres.

*

François Monti es un periodista y escritor belga afincado en Madrid. Colabora en la revista francesa Ginger y en la web Havana Cocteles. Su primer libro en castellano es 'El Gran Libro del Vermut' Ha publicado en Francia 'Prohibitons' y '101 Cocktails'. Lleva el blog Bottoms Up en dos idiomas y escribe para Coctelería Creativa. Es también traductor.



Le Luigi, un Bronx en mieux

Si le Bronx triomphe aux Etats-Unis avant 1910, c’est dans les années 20 qu’il s’impose partout en Europe. Complètement oublié aujourd’hui, un des cocktails les plus populaires des années folles, en tout cas à Londres, était d’ailleurs un twist du Bronx : le Luigi Cocktail. Présenté pour la première fois dans le ‘Cocktails, How to Mix Them’ de Robert Vermeire (1922), on le retrouve aussi dans le livre du Savoy.

Criterion_Restaurant_Theatre

Le Luigi Cocktail n’a pas été inventé par un barman mais bien par un restaurateur, Luigi Naintré. D’origine italienne, c’était une figure incontournable de la nuit londonienne, de 1910 à 1930. Flamboyant, élégant et surtout très, très bon manager, il fut d’abord à la tête du Romano’s, l’un des meilleurs italiens de la ville, avant de lancer le Ciro’s de Londres, night club précurseur mais vite fermé à cause des lois très restrictives de la première guerre mondiale (il rouvrira en 1919 et Harry McElhone y travaillera). Ensuite, Luigi a été chargé de redorer le blason du Criterion, emblème londonien depuis son ouverture en 1874 – c’est là qu’un certain Watson apprend qu’un monsieur Holmes cherche un flatmate – et dont le bar américain avait acquis ses lettres de noblesse sous la direction de Leo Engel, yankee d’origine allemande. Le barman choisi par Luigi ? Robert Vermeire. Il l’emmènera aussi pour sa dernière aventure : l’ouverture de l’Embassy Club, établissement le plus prestigieux de la ville où l’aristocratie et la bourgeoisie du monde entier venaient manger, danser et boire.

On ne sait pas où et quand Luigi a inventé son cocktail. En tout cas, il semble partir du Bronx, auquel il ôte le vermouth doux, remplace l’orange par un jus de mandarine qu’il renforce avec un peu de Cointreau. Personnellement, je ne suis pas amateur de Bronx – la faute au jus d’orange. Mais avec de la mandarine (ou de la clémentine), c’est une autre expérience et elle vaut vraiment la peine. Voici la recette originale :

Luigi_Cocktail

* 40 ml de gin
* 40 ml de vermouth français
* jus d’une demi mandarine / clémentine
* 1 càc de grenadine
* 1 trait de Cointreau
Verser tous les ingrédients dans un shaker rempli de glaçons, bien agiter et filtrer dans un verre à cocktail.

Comme toutes les recettes (ou presque) de l’époque, il convient d’ajuster les proportions. Pour le jus, compter 30 ml. On peut augmenter la quantité de gin à 50 ml et baisser un peu le vermouth. 1 cuillère à café de Cointreau plutôt qu’un trait, ce n’est pas mal non plus. S’il le faut vraiment, rajouter un peu de sucre (mais attention : mandarine et clémentine sont moins acides que les autres agrumes). Trouvez l’équilibre qui vous convient et vous verrez : le Bronx c’est bof, le Luigi c’est wow.

François Monti est journaliste spécialisé en cocktails et spiritueux. Il collabore régulièrement à Ginger Magazine et à Havana Cocteles, ainsi qu'à de nombreuses publications. Après la pamphlet 'Prohibitions' en 2014, il publie au printemps 2015 '101 Cocktails'. En Espagne, il est l'auteur de 'El Gran Libro del Vermut'. Il est aussi traducteur. Son blog, Bottoms Up, est un site de référence. Il est aussi membre fondateur de la revue littéraire Fric Frac Club et a traduit plusieurs livres.

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François Monti es un periodista y escritor belga afincado en Madrid. Colabora en la revista francesa Ginger y en la web Havana Cocteles. Su primer libro en castellano es 'El Gran Libro del Vermut' Ha publicado en Francia 'Prohibitons' y '101 Cocktails'. Lleva el blog Bottoms Up en dos idiomas y escribe para Coctelería Creativa. Es también traductor.



L'heure du vermouth premium?

Premiumiser : prendre un produit, le ré-inventer avec des ingrédients de meilleure qualité ou plus exclusifs, le vendre dans un joli flacon et raconter une belle histoire inventée dans une agence de comm’. (Ou, parfois, se contenter du nouveau flacon et de l’histoire d’agence). Une stratégie qui paie, comme on a pu le voir notamment dans le monde de la vodka puis dans celui du gin. Il semblerait que le tour du vermouth soit venu. On peut même enlever le conditionnel : quand un géant comme Martini lance, pour son anniversaire, le Lusso, c’est que la tendance est bel et bien réelle.

La question qui se pose est tout de même : est-ce que ça va marcher ? Pour que la vodka devienne glamour il fallait la rendre premium. Pour obtenir le même résultat avec le gin, il fallait réinventer le Gin & Tonic. Et le vermouth ? Jusqu’ici, le seul storytelling semble être de présenter le nouveau produit comme étant élaboré ‘à l’ancienne’. Pourquoi payer dix euros en plus ? Parce que c’est plus authentique (« c’est une recette du grand-père, retrouvée dans la malle à chaussettes trouées »). Sauf que quand, en face, on a, à très bon prix, des vermouths de la qualité de Noilly Prat, Dolin ou Punt e Mes, il n’est pas sûr que l’argument s’avère toujours convaincant.

Autre obstacle : changer le mode de consommation. Pour le G&T, il ‘suffisait’ de convaincre le consommateur d’upgrader. La boisson était commune, populaire (évidemment, l’upgrade a tellement bien pris que même les rétifs s’y mettent, mais j’arguerais qu’il s’agit d’une conséquence inattendue). Or, si on nous chante sur tous les tons que le vermouth se boit seul dans le sud de l’Europe, on a quand même affaire à un phénomène extrêmement limité dont la popularité est largement déterminée par le côté bon marché du liquide. On attend toujours le premier bar à vermouth chic, aux prix chocs et aux verres tocs.

On me rétorquera qu’il faut prendre en compte le volume : les vermouths premium n’ont pas besoin (et n’ont de toute façon pas la capacité de production) de vendre autant qu’un gin. Il s’agit de pousser un certain type de consommateur à le déguster seul et de convaincre les bons bars à cocktails de s’en servir. C’est sans aucun doute vrai, même si faire de l’ingrédient meilleur marché d’un Manhattan le plus cher n’est pas sans risque.

Vous l’aurez compris : j’ai quelques doutes quant à un succès durable et répandu de cette tendance de niche. Ce qui ne m’empêche pas de me réjouir de l’apparition du Vermouth del Professore ou de Cocchi sur nos marchés. L’important, c’est que le vermouth insipide batte en retraite…

Pourquoi parler de tout ça ? Parce que ces questions me taraudaient lorsque je me suis rendu à la présentation madrilène de La Quintinye, un nouveau vermouth français, et que j’y ai trouvé, si pas des réponses, au moins quelques pistes.

La Quintinye Vermouth Royal, décliné, comme il se doit aujourd’hui, en Extra Dry, Blanc et Rouge est une création de Jean-Sébastien Robicquet, l’homme derrière les success stories Ciroc et G’Vine. Effectué en grande pompe, le très attendu lancement officiel a attiré de nombreux pros à Londres, Paris, Madrid et Barcelone, venus découvrir le produit et écouter Philip Duff, Gaz Regan ou encore Jamie Walker, noms qui comptent dans le milieu. Le packaging est réussi, le storytelling aussi – Jean-Baptiste La Quintinye était le botaniste du Roi Soleil. Mais encore ?

La première piste que nous donnent Robicquet et La Quintinye, c’est qu’ils ne la jouent pas ‘recette ancienne’. Les premiers gins premium à avoir fait la différence n’étaient pas ceux qui se présentaient comme ‘Gordon mais en mieux’, mais bien ceux qui disaient ‘du gin, mais différent’. Avec Hendrick’s ou Martin Miller, G’Vine avait cassé les codes. La Quintinye aussi. Traditionnellement, le vermouth est fabriqué à base de vin blanc (le rouge est coloré avec du caramel). La touche différente de La Quintinye est l’utilisation de Pineau des Charentes (comme pour le Pineau, la couleur du vermouth rouge est donc naturelle). De quoi attirer le chaland, éveiller sa curiosité, lui présenter quelque chose qu’il n’a jamais vu, quelque chose d’unique.

La seconde piste, on la retrouve en bouche. Si, législation européenne oblige, il faut respecter certains critères pour les trois catégories de produit, le moins qu’on puisse dire est que chaque version de La Quintinye est sui generis. Le rouge ne ressemble pas à un vermouth de Turin, le blanc a peu de chose en commun avec un Chambéry. L’Extra Dry dans un Martini un peu wet risque de choquer ; vous n’allez pas non plus pouvoir vous servir du blanc pour un Presidente authentique. Alors que jusqu’ici le vermouth premium se présentait comme du vieux amélioré que l’on pouvait utiliser dans n’importe quel classique, La Quintinye vise à surprendre et fait appel à la créativité du bartender. C’est un choix risqué – tout le monde ne sera pas à la hauteur – mais qui peut être payant : titiller le bartender avec un petit challenge, ça marche, pour autant que sa clientèle soit prête à le suivre.

Pour que le pari soit gagné, il faut donc que le bartender soit créatif et libre d’essayer (tous les établissements ne permettent pas à leurs employés de choisir le produit qu’ils utiliseront dans tel ou tel cocktail), que le client soit ouvert à la nouveauté et n’ait pas d’objection à dépenser plus. Autrement dit, les perspectives sont meilleures au Royaume-Uni qu’en Espagne.

Au-delà des préférences personnelles – je ne cache pas ne pas être amateur de l’Extra Dry, par exemple – et pour autant que l’on ait l’esprit ouvert, La Quintinye Vermouth Royal est sans doute le premier exemple de véritable innovation dans la catégorie vermouth premium. Robicquet et ses équipes ont, une fois de plus, pris tout le monde à contre-pied pour proposer quelque chose de surprenant. L’avenir nous dira si le succès sera encore au rendez-vous, mais pour un début, ce n’est déjà pas mal.

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En bonus, après autant de parlote, la recette du Monsieur Negroni, proposé par l’ami Luca Anastasio lors du lancement madrilène de La Quintinye :

* 30 ml cognac VSOP * 30 ml Campari * 30 ml La Quintinye Vermouth Royal rouge * 3-4 traits de bitters de chocolat Préparer dans un verre old-fashioned rempli de glaçons. Mélanger pour refroidir. Garnir de la noix de muscade râpée, un twist d’orange et un morceau de chocolat noir 90% (assez long et fin pour touiller à son aise).

François Monti est journaliste spécialisé en cocktails et spiritueux. Il collabore régulièrement à Ginger Magazine et à Havana Cocteles, ainsi qu'à de nombreuses publications. Après la pamphlet 'Prohibitions' en 2014, il publie au printemps 2015 '101 Cocktails'. En Espagne, il est l'auteur de 'El Gran Libro del Vermut'. Il est aussi traducteur. Son blog, Bottoms Up, est un site de référence. Il est aussi membre fondateur de la revue littéraire Fric Frac Club et a traduit plusieurs livres.

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François Monti es un periodista y escritor belga afincado en Madrid. Colabora en la revista francesa Ginger y en la web Havana Cocteles. Su primer libro en castellano es 'El Gran Libro del Vermut' Ha publicado en Francia 'Prohibitons' y '101 Cocktails'. Lleva el blog Bottoms Up en dos idiomas y escribe para Coctelería Creativa. Es también traductor.



Modérez-vous: quelques cocktails au vermouth

Les Semaines de l’Excès approchent à très grands pas. Et à l’ère néo-puritaine dans laquelle nous sommes plongés, n’ayez aucun doute : l’excès, c’est le Mal. Loin donc le poète visionnaire qui affirmait sans un instant de doute que « La route de l’excès mène au palais de la sagesse ».  Ne buvez pas trop, mesdames et messieurs. Et ne pas boire du tout, ce serait encore mieux ! Mais comme l’humain est imparfait, une petite suggestion : buvez des cocktails au vermouth, des choses bien légères, des apéritifs parfaits, qui ne fatigueront pas votre palais. La modération, en tout. Profitez-en : même elle deviendra suspecte d’ici peu.

Diplomat Cocktail

Quoi de plus modéré qu’un diplomate, payé pour ne jamais l’ouvrir quand il ne faut pas ? Robert Vermeire, en 1922, nous présentait ce cocktail comme un classique des « services diplomatiques ». Traditionnellement préparé à parts égales de vermouth doux et sec, j’ai décidé de vous présenter la version des artistes d’Attaboy à New York. Ils renient l’équidistance des grands diplomates pour privilégier l’équilibre gustatif.

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* 45 ml de vermouth sec * 30 ml de vermouth doux * 20 ml de maraschino * 2 traits de bitters d’orange Verre à mélange, servir ‘up’ dans verre à cocktail, twist de citron.

15% d’alcool. Guère plus qu’un vin. Et le vin c’est nature, donc encore acceptable.

Django Reinhardt

Création d’Erick Castro, pionnier San Franciscain aujourd’hui installé au Polite Provisions de San Diego. Le Django Reinhardt tient du cobbler, boisson la plus populaire du XIXe siècle. Avertissement : l’orange, le citron et le sucre rendent ce mélange particulièrement facile à boire. Cette boisson modérée et tempérée vous entrainera peut-être donc sur la pente dangereuse de l’immodération qui aboutit à l’alcoolisme. Gageons qu’elle sera interdite avant le Diplomat.

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* 90 ml de vermouth sec * 25 ml de jus de citron * 25 ml de sirop simple * 2 tranches d’orange fraiche Au pilon, pressez tendrement l’orange dans le fond du shaker. Ajoutez les autres ingrédients et la glace puis agitez. Servir sur glace fraîche dans un verre type Old-Fashioned, et garnir d’un petit bout d’orange.

8% d’alcool. Moins que du vin. Comme une bonne bière d’abbaye. Mais les moines sont des pochtrons. Attention, donc.

Fifty / Fifty Martini

Si vraiment vous êtes fatigués de la modération mais voulez faire semblant, c’est très simple : dites à vos amis que vous allez vous faire un Martini. Ne détrompez pas ceux qui pensent à la marque. Par contre, ceux qui vous regardent horrifiés de vous imaginer ingurgiter 9 cl de gin pur (le diaaaaaable !), dites-leur que, vous non plus, vous n’aimez pas ces excès antihygiéniques et que vous allez préparer un Martini hyper léger avec plein de bon vin aromatisé (n’utilisez pas le mot ‘fortifié’, c’est immodéré). Et donc le Martini presque originel, remis à la mode par Audrey Saunders sous le nom de Fifty / Fifity.

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* 45 ml de gin * 45 ml de vermouth sec * 2 traits de bitters d’orange Verre à mélange, servir ‘up’ dans verre à cocktail, twist de citron.

22% d’alcool. Plus que nos deux autres recettes mais, n’oubliez pas de le rappeler, bien moins qu’un Martini bien sec et ses 29%. L’important, c’est de bien faire comprendre à vos amis puritains que vous vous êtes retenu.

François Monti est journaliste spécialisé en cocktails et spiritueux. Il collabore régulièrement à Ginger Magazine et à Havana Cocteles, ainsi qu'à de nombreuses publications. Après la pamphlet 'Prohibitions' en 2014, il publie au printemps 2015 '101 Cocktails'. En Espagne, il est l'auteur de 'El Gran Libro del Vermut'. Il est aussi traducteur. Son blog, Bottoms Up, est un site de référence. Il est aussi membre fondateur de la revue littéraire Fric Frac Club et a traduit plusieurs livres.

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François Monti es un periodista y escritor belga afincado en Madrid. Colabora en la revista francesa Ginger y en la web Havana Cocteles. Su primer libro en castellano es 'El Gran Libro del Vermut' Ha publicado en Francia 'Prohibitons' y '101 Cocktails'. Lleva el blog Bottoms Up en dos idiomas y escribe para Coctelería Creativa. Es también traductor.



Classique Moderne: le Bensonhurst

Notre série ‘Classiques modernes ‘ continue avec, cette fois-ci, une invitée venue des Etats-Unis. J’ai rencontré Franky Marshall cet été à Cognac. Depuis, cette cosmopolite impénitente a sans doute visité 32,5 autres pays. Sa soif d’apprendre quand beaucoup penseraient déjà tout savoir est frappante et son humour… marquant. Franky faisait partie de l’équipe qui a ouvert le Clover Club, où elle est restée plus de trois ans et, entre ses voyages, travaille aujourd’hui au Tippler et à Dead Rabbit. Elle est aussi vice-présidente de l’United States Bartenders Guild NY. Elle parle français comme une française et espagnol comme une espagnole. Excusez du peu.

Le choix de Franky Marshall s’est porté sur un cocktail né de la même mode que le Greenpoint que j’avais moi-même sélectionné au début de la série. Comme quoi, les modes, ça laisse aussi des traces.

Bensonhurst, de Chad Solomon (ex Pegu Club)

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« Bensonhurst est un quartier de Brooklyn, tout comme Greenpoint et Red Hook [nom d’un autre cocktail de la même vague, ndlr]. J’habite à proximité de ces trois quartiers.

La première fois que j’ai bu un Bensonhurst, c’était à la fin d’un shift au Clover Club. Je voulais quelque chose à base de rye et plus sec qu’un Manhattan traditionnel. Un de mes collègues m’a préparé ce cocktail et je me souviens de m’être assise près de la cheminée du petit salon après le boulot et d'avoir vraiment savouré et pris plaisir à boire ce cocktail incroyablement satisfaisant. Selon la recette originale, le cocktail n’est pas garni mais je l’aime bien avec un peu d’huiles essentielles de citron.

Le Bensonhurst a été créé par Chad Solomon en février ou mars 2006, date à laquelle il a figuré sur le menu de printemps du Pegu Club. Au départ, il était préparé avec du Noilly Prat mais depuis, c’est devenu du Dolin Dry. Pour le rye, c’était le Rittenhouse 100 qui était utilisé. Je recommande le Knob Creek Rye pour se rapprocher le plus possible de la saveur originale. »

* 5ml de Cynar * 10ml de Luxardo Maraschino * 30ml de Dolin Dry * 60ml de rye whiskey

Verser les ingrédients dans un verre à mélange, ajouter la glace, remuer puis servir up dans une coupe. Si vous le désirez, exprimer un zeste de citron à la surface de votre cocktail.

Cet article fait partie de la série « Classiques modernes » dont vous pouvez lire l’introduction ici. Pour développer cette série, nous avons besoin de votre aide : n’hésitez pas à nous signaler les recettes que vous considérez comme des classiques modernes en commentaire, sur Facebook ou par mail.

François Monti est journaliste spécialisé en cocktails et spiritueux. Il collabore régulièrement à Ginger Magazine et à Havana Cocteles, ainsi qu'à de nombreuses publications. Après la pamphlet 'Prohibitions' en 2014, il publie au printemps 2015 '101 Cocktails'. En Espagne, il est l'auteur de 'El Gran Libro del Vermut'. Il est aussi traducteur. Son blog, Bottoms Up, est un site de référence. Il est aussi membre fondateur de la revue littéraire Fric Frac Club et a traduit plusieurs livres.

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François Monti es un periodista y escritor belga afincado en Madrid. Colabora en la revista francesa Ginger y en la web Havana Cocteles. Su primer libro en castellano es 'El Gran Libro del Vermut' Ha publicado en Francia 'Prohibitons' y '101 Cocktails'. Lleva el blog Bottoms Up en dos idiomas y escribe para Coctelería Creativa. Es también traductor.